Le Covid-19 sème la panique sur les marchés. En première ligne, compagnies aériennes, voyagistes et groupes hôteliers subissent de plein fouet la chute de leurs réservations… et de leurs titres.

Panique sur les marchés ! La crainte d’une pandémie mondiale liée à la diffusion du coronavirus Covid-19 a eu raison du moral des investisseurs. La semaine écoulée a été fatale aux marchés actions. Si les plus optimistes se rassurent en estimant que les niveaux actuels des cours pourraient offrir des points d’entrée attractifs pour un rebond qui ne tardera pas à venir, les valeurs liées au tourisme et au déplacement des personnes pourraient rapidement se retrouver en grande difficulté avec la chute brutale des réservations constatée depuis début février. L’épidémie partie de Wuhan touche désormais la plupart des pays de l’OCDE. Les mesures de confinement s’étendent à travers la planète et les flux touristiques en pâtissent déjà largement.

En 2019, le nombre de touristes avait déjà reculé de 4% au niveau mondial mais le secteur avait connu deux années de forte croissance, en 2017 et 2018. Ainsi, l’an dernier, ce sont près de 1,5 milliards de touristes internationaux qui ont été recensées par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) dans un climat déjà maussade, marqué par les tensions géopolitiques et l’effet Brexit. Nul doute que les professionnels du secteur ne pouvaient anticiper, début 2020, qu’un virus venu de Chine allait provoquer une psychose planétaire de cette ampleur. Les chiffres à venir du secteur risquent de se révéler alarmants, d’autant que la zone Asie Pacifique a connu, au cours des années précédentes, la plus forte croissance des flux touristiques.

Air France-KLM envisage de nouvelles suppressions d’emplois

Jeudi dernier, c’est l’action Air France-KLM qui enregistrait la plus forte chute de l’indice SBF 120 (-11%). La compagnie aérienne franco-néerlandaise n’a pas caché son inquiétude alors que les mesures de confinement ou de limitation des déplacements pris un peu partout dans le monde se généralisent. « Les conséquences de ces mesures vont nécessairement infléchir notre trajectoire financière et pourraient nous mettre dans une situation de trésorerie difficile, si nous ne réagissions pas immédiatement » a averti le directeur financier d’Air France-KLM qui annonce un passage en revue de tous les investissements IT et immobiliers prévus. Ainsi, la compagnie prévoit de réduire ses effectifs de 1.500 personnes d’ici fin 2022. Le titre chute de 35% depuis le début de l’année et de 43% sur un an.

De son côté, Lufthansa a annoncé mercredi dernier un gel de ses embauches et des offres de congés sans solde à ses employés pour faire face aux conséquences de l’annulation de ses liaisons hebdomadaires entre plusieurs pays européens et la Chine continentale. A Francfort, l’action de la compagnie aérienne allemande décroche de 33% depuis début janvier et de 52% sur un an.

 

Pénalisé par les annulations de vols à destination de l’Asie et les craintes sur le trafic aérien qui font chuter la fréquentation des aéroports, Aéroports de Paris (ADP) ne fait plus les affaires de ses actionnaires alors que l’Etat français garde encore la majorité du capital (la consultation citoyenne en vue d’un éventuel référendum sur la privatisation d’ADP court jusqu’au 12 mars 2020). Le titre chute de 26% depuis le début de l’année et de 24% sur un an. L’hôtellerie est également en première ligne dans le contexte actuel. L’épidémie du coronavirus aura des conséquences sur l’activité d’Accor alors que les 200 hôtels du groupe sont à l’arrêt en Chine. La valeur décroche de 21% depuis début janvier et de 10,5% sur un an.

Du côté des tour-opérateurs, c’est également l’heure de la grande peur alors que les réservations à destination de la Chine ont fondu de 99% depuis début février. Les voyagistes s’attendent au pire avec des annulations de réservations en cascade et une visibilité au point mort pour les prochaines semaines. Cotée à Paris, l’action Voyageurs du Monde dévisse de 23% depuis le début de l’année et de 21% sur un an. A Francfort, c’est encore pire pour le géant TUI qui chute de 41% depuis début janvier et de 29% sur un an.

 

Source : Fargo, rédigé le 02/03/2020