Dominé par Veolia et Suez, le secteur des « utilities » tire son épingle du jeu depuis le début de l’année. Les investisseurs apprécient le caractère défensif de ces acteurs positionnés sur le traitement de l’eau et des déchets.

Certaines valeurs du Cac 40 font de la résistance malgré le Covid-19. Au cours de la semaine écoulée (cours arrêtés vendredi 6 mars), l’action Veolia a gagné 4%, soit la deuxième performance hebdomadaire de l’indice parisien derrière L’Oréal (+5,3%). Mieux encore, l’action du groupe de services collectifs affiche la meilleure performance depuis le début de l’année : +14%, loin devant Carrefour (+5,4%) et Engie (+5,0%). Il est vrai que le statut de valeur défensive est un atout indéniable dans la période de « sell off » marquée par l’épidémie actuelle et les craintes de récession. Veolia est recherchée par les opérateurs pour la solidité de son business model reposant sur des contrats souvent pérennes avec les collectivités locales et l’industrie dans trois métiers essentiels : l’eau, les déchets et l’énergie. Le groupe français, leader mondial dans ses métiers de prestataire de services dédiés à l’environnement, dessert ainsi 95 millions de personnes en eau potable dans le monde, valorise 49 millions de tonnes de déchets et produit près de 56 millions de MWh (chiffres Veolia).

Au-delà des forces structurelles de la valeur dans l’environnement actuel, le groupe vient de publier un solide exercice 2019, marqué par un résultat net en hausse de 41,8% à 625 millions d’euros. Le chiffre d’affaires est ressorti de son coté en croissance de 4,8% à 27,19 millions d’euros. Le groupe dirigé par Antoine Frérot a également profité de la publication de ses résultats pour dévoiler les contours de sa feuille de route 2020-2023, Impact 2023. C’est à l’international que le groupe ira chercher les relais de croissance, là où se trouve la croissance, et notamment en Asie, Coronavirus ou pas. Valeur défensive certes, mais Veolia est aussi amené à jouer un rôle clé dans les métiers liés à l’environnement et qui concentreront en partie les investissements de demain : démantèlement des centrales nucléaires, recyclage des plastiques, traitement des déchets dangereux etc. En parallèle, le groupe veut réduire ses coûts (250 millions d’euros en 2020) et se désengager des activités moins rentables comme la construction d’usines de traitement de l’eau (Veolia apporte la solution technologique) ou la collecte simple des déchets sans leur valorisation. Par ailleurs, le dividende, actuellement à un euro par action, sera porté à 1,30 euro.

Deux leaders mondiaux français

Sur ce marché des services collectifs en croissance, la France peut s’enorgueillir de posséder deux leaders mondiaux, Veolia et Suez, à l’instar du secteur du luxe où LVMH et Kering dominent outrageusement leurs concurrents. Ainsi, Suez vient de publier des solides résultats 2019 : résultat net en hausse de 5% à 352 millions d’euros et chiffre d’affaires en progression de 3,9% à 18 milliards d’euros. Le groupe, qui réalise 7 à 8% de son activité en Chine, estime que l’épidémie en cours pourrait avoir un impact négatif compris entre 30 et 40 millions d’euros sur son Ebit dans l’hypothèse d’un retour progressif à la normale lors du deuxième trimestre.

Numéro deux mondial de son secteur, Suez, dont Engie possède un tiers du capital, a mis en place de son côté un plan stratégique à horizon 2030 passant par un accroissement de ses parts de marchés et de sa rentabilité en opérant des cessions et des acquisitions ciblées. Cotée au SBF 120, l’action Suez, qui se négocie à 22 fois ses bénéfices estimés en 2020 (vs. 18,5 pour Veolia), gagne 7,5% depuis le début de l’année et 27,5% sur un an. A titre de comparaison, son actionnaire Engie enregistre une hausse de 3,8% depuis le 1er janvier et de 14% sur un an.

Cours arrêtés vendredi 6 mars

 

Source : Fargo, rédigé le 09/03/2020