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TOUTES LES INFOS DE LA SEMAINE

PH522 - 26/10/2020
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Les valeurs agroalimentaires affichent des performances contrastées sur fond de crise sanitaire prolongée

Danone publie des résultats trimestriels décevants et engage une réorganisation en profondeur de ses activités. De leur côté, Nestlé et Unilever présentent de solides publications et résistent mieux en Bourse que leur concurrent français.

Semaine boursière difficile pour Danone. Le groupe agroalimentaire français signe la plus mauvaise performance hebdomadaire du Cac 40 en reculant de 7,4%. Depuis le début de l’année, l’action abandonne 31% quand l’indice parisien ne cède que 18% en 2020. Que se passe-t-il chez ce fleuron de l’agroalimentaire français ? La valeur est plutôt classée dans la catégorie des titres défensifs, moins sensibles aux cycles économiques que bien d’autres. La pandémie du Covid-19 et les conséquences de la crise sanitaire sur la consommation des ménages ne touchent pas prioritairement les produits alimentaires (Danone est présent dans les produits laitiers frais, l’eau, la nutrition infantile etc.) mais davantage les entreprises des secteurs liés aux loisirs et aux déplacements de population.

Toutefois, Danone a vu son chiffre d’affaires du troisième trimestre ressortir en baisse de 9,3% à 5,8 milliards d’euros (-2,5% toutefois en données comparables). C’est le pôle Eaux qui pâtit de la plus mauvaise performance avec des ventes en recul de 13,5% au T3 (en données comparables). Si l’objectif de la direction pour 2020 est de dégager une marge opérationnelle courante de 14% grâce à des mesures de réduction des coûts, le PDG Emmanuel Faber prépare une réorganisation en profondeur et une revue stratégique de ses activités pour s’adapter « au nouvel environnement et aux nouveaux enjeux du secteur ». L’idée sera notamment de remplacer l’organisation par métiers par une gestion pilotée par zones géographiques, plus adaptée selon Emmanuel Faber pour raccourcir les échelles de décision dans le contexte actuel. Le but est de retrouver un objectif annuel de moyen terme de 3 à 5% de croissance rentable. Au sommet de l’entreprise, Cécile Cabanis, la directrice financière et numéro deux du groupe, cédera la place en février à Juergen Esser, actuellement directeur financier des divisions Eaux et Afrique.

Nestlé relève ses prévisions pour l’exercice 2020

Danone aura fort à faire face à certains de ses concurrents comme Nestlé qui affiche une résistance insolente. Le numéro un mondial du secteur agroalimentaire a publié des solides résultats au T3, marqués par une progression de ses ventes de 4,9% au T3 (croissance organique de +3,5% sur les neuf premiers mois de l’année alors que les analystes tablaient sur une hausse de 2,8%). Porté par la bonne tenue des ventes des aliments pour animaux de compagnie et des produits de santé, le groupe suisse revoit ainsi à la hausse ses prévisions de croissance organique à environ 3% pour 2020. Engagé dans un programme de cessions d’actifs marquées notamment par la cession en vue de sa division Nestlé Skin Health, son activité de glaces aux Etats-Unis et ses produits Herta, le groupe suisse réfléchit comme Danone à l’avenir de son pôle Eaux, en Amérique du Nord. Cotée à Zurich, l’action Nestlé gagne 1,4% depuis le début de l’année.

A l’instar de Nestlé, Unilever a annoncé une reprise plus rapide que prévu de son chiffre d’affaires au T3. Le groupe agroalimentaire est porté par le dynamisme retrouvé des pays émergents. Les ventes ont augmenté de 4,4% à 12,9 milliards d’euros alors que le consensus attendait une progression limitée à 1,3%. Si Alan Jope, le directeur général du géant anglo-néerlandais, n’a pas caché le climat imprévisible dans lequel son entreprise évoluait (pas d’objectifs donnés à court terme), le groupe table sur la croissance de la demande des aliments consommés à la maison, en cette année marquée par le confinement, et en particulier des produits végétariens et végans. Cotée à Amsterdam, l’action a retrouvé ses niveaux du début de l’année (-0,25%).

Fargo, rédigé le 26/10/2020


Coronavirus : les valeurs télécoms en première ligne

Le trafic sur les réseaux télécoms augmente fortement depuis le début de la période de confinement en France. Mais les opérateurs ont les moyens d’y faire face même si le contexte actuel oblige le régulateur à repousser les enchères d’attribution de la 5G.

Plus forte hausse de la semaine écoulée à la Bourse de Paris, Orange (+15,9%) est aussi une entreprise particulièrement sollicitée dans le contexte actuel. Le confinement généralisé de la population française a des conséquences spectaculaires sur l’activité de l’opérateur historique : le télétravail multiplié par sept, les visioconférences, très gourmandes en bande passante, et le trafic vocal ont doublé. Plus globalement, le trafic mobile et fixe explose. L’application Whatsapp connaît une multiplication par cinq de sa fréquentation. Quant à la télévision, selon une étude de Médiamétrie, la durée d’écoute a progressé de plus d’une heure par jour en moyenne par foyer par rapport à un jour comparable de l’année précédente.

Pour autant, Stéphane Richard s’est voulu rassurant : « Nous avons un réseau qui a été conçu pour absorber des flux considérables ». Toutefois, le patron d’Orange recommande aux utilisateurs d’utiliser au maximum le wifi et la décision a été prise de multiplier par deux la capacité des câbles d’Orange. Afin d’alléger le réseau, Stéphane Richard a également demandé le report du lancement de Disney+, la plateforme de vidéos en streaming du géant du divertissement qui devait avoir lieu mardi 24 mars.  De leur côté, les plateformes américaines Netflix et You Tube ont annoncé qu’elles allaient réduire la qualité de diffusion de leur service en Europe (le streaming représente 50% du trafic internet en France), contribuant ainsi à éviter la saturation des bandes passantes et les difficultés de connexion des sites d’éducation à distance ou des visioconférences.

Report des enchères sur la 5G

Autre dossier crucial : la 5G. La France est l’un des derniers grands pays européens à ne pas encore avoir adopté cette technologie qui va rendre la vitesse de téléchargement dix fois plus rapide qu’elle ne l’est aujourd’hui avec la 4G. L’enjeu est colossal (Huawei a été autorisé à concourir sous conditions avec Nokia et Ericsson), tant sur le plan technologique que financier. Il devrait permettre à l’Etat français de récupérer au minimum 2,17 milliards d’euros. Problème, la crise du coronavirus oblige l’Arcep, le régulateur des télécoms, à repousser les enchères initialement prévues à la mi-avril.

En attendant, la performance boursière de la semaine permet à l’action Orange de limiter sa baisse à 15% depuis le début de l’année et à 22% sur un an. De son côté, l’action Iliad a grimpé de 10,7% au cours de la semaine et parvient ainsi à gagner 2,5% depuis le début de l’année et 31% sur un an (la valeur s’est redressée depuis 2019 mais perd encore 43% sur trois ans). La maison-mère de Free a annoncé, la semaine dernière, qu’elle payerait immédiatement ses fournisseurs sans attendre le délai légal de 45 jours, afin de soulager ses sous-traitants en difficulté dans la période actuelle.

En forte hausse de 17% au cours de la semaine écoulée, le titre Bouygues perd 25% depuis le début de l’année et 11% sur un an. Le réseau Bouygues Telecom, filiale du conglomérat dirigé par Martin Bouygues, est déjà équipé en partie en matériel Huawei, tout comme SFR alors qu’Orange et Free ont choisi des équipementiers européens. Enfin, l’action Altice Europe n’a pas la cote auprès des investisseurs en 2020. Le groupe contrôlé par Patrick Drahi, propriétaire de l’opérateur SFR, est en chute libre de 52% depuis début janvier mais reste en hausse de 33% sur un an (sur trois ans, la déconfiture atteint 87% !).

 

Fargo, le 23/03/2020


Le recul limité des valeurs du luxe dans la tempête

Hermès a enregistré la moins forte baisse du Cac 40 au cours de la semaine écoulée, historique à tous points de vue. La perspective d’un ralentissement global n’épargnera pas le secteur mais les groupes français cotés disposent de ressources financières pour faire face.

La semaine qui vient de s’achever restera dans les annales de l’histoire de la Bourse de Paris. Le Cac 40 clôture la semaine en chute libre de 19,9%. La descente aux enfers a commencé dès le lundi 9 mars (-8,39%), a été relativement contenu mardi et mercredi (séances dans le rouge toutefois) avant que les marchés ne s’effondrent jeudi (-12,28%, record absolu depuis la création de l’indice début 1988), sous le coup de la fermeture des frontières américaines aux voyageurs européens et la prestation de Christine Lagarde jugée décevante. Le rebond de vendredi sera resté timide malgré l’envolée des cours en milieu de séance (+1,83%). Le bilan hebdomadaire du Cac 40 est sans appel : -20% ! A ce stade, il convient de préciser qu’aucune valeur de l’indice vedette de la Place parisienne n’a enregistré de performance positive. TechnipFMC a chuté lourdement de plus de 50%, plus forte baisse enregistrée alors que la chute des cours du baril fragilise tout particulièrement le groupe de services parapétroliers.

A l’opposé, c’est Hermès qui enregistre la meilleure performance (relative) de l’indice avec un recul limité à 9,65%. Les valeurs du secteur, pourtant largement dépendantes des flux touristiques et de la consommation en Asie, sont parvenues à limiter la casse : l’action LVMH (Louis Vuitton, Dior, Céline, Fendi, Sephora etc.) n’a perdu « que » 12,6% tandis que Kering (Gucci, Balenciaga, Yves Saint Laurent etc.) dévissait de 16,2%. Depuis le début de l’année, alors que le Cac 40 abandonne désormais 31%, Hermès cède 15,4%, LVMH perd 24,1% et Kering chute de 31,4%. Une résistance boursière dans un contexte de « sell off » inédit qui confirme la solidité de ces valeurs particulièrement à la fête sur les marchés depuis trois ans et qui auraient pu chuter lourdement si l’on considère que les marchés anticipent désormais un fort ralentissement de l’économie mondiale.

Dans le marasme actuel, la performance hebdomadaire d’Hermès n’est pas sans doute pas liée au hasard. Très présent en Chine, le sellier de la rue du Faubourg-Saint-Honoré a déjà subi les fermetures de magasins mais l’heure est aux réouvertures dans l’Empire du Milieu. Vendredi 13 mars, l’OMS annonçait que l’épicentre de la pandémie s’était déplacé vers l’Europe, comme si la Chine avait déjà tourné la page du Covid-19. Les valeurs largement internationalisées ou fortement dépendantes de l’Asie ne sont donc plus forcément les plus pénalisées par l’évolution préoccupante de la situation sur le Vieux Continent. En 2019, Hermès a vu son chiffre d’affaires grimper de 15% à 6,88 milliards d’euros dont la moitié réalisé en Asie ! La marge opérationnelle est restée stable à 34% (vs. 34,8% en 2018). Si la fréquentation des centres commerciaux en Chine reste cependant timide depuis le pic de l’épidémie en février, le groupe français peut compter sur les bonnes performances de ses ventes en ligne.

LVMH, nouveau fabricant de gel hydroalcoolique

Cette performance relative d’Hermès ne doit cependant pas éluder le fait qu’une récession globale aura des conséquences négatives inévitables sur le secteur au cours de l’année 2020. Aucun groupe ne sera épargné par la baisse des ventes si les consommateurs asiatique, européens ou américains venaient à fléchir durablement, sans effet rattrapage constaté rapidement. Mais les acteurs français du luxe ont prouvé, au cours des dernières années, la solidité de leur business model et disposent de ressources financières pour faire face au choc, au moins temporairement.

Au cours du week-end écoulé, LVMH s’est d’ailleurs distingué positivement en annonçant que sa branche Parfums et cosmétiques allait mobiliser ses capacités de production pour faire don d’importantes quantités de gel hydroalcoolique aux pouvoirs publics, à commencer par les hôpitaux. Trois sites des marques Dior, Guerlain et Givenchy seront ainsi dédiés à cette initiative « le temps nécessaire » selon la direction du groupe alors que l’épidémie de Covid-19 s’étendait à grande vitesse en France.

Fargo, le 16/03/2020


Services aux collectivités : des valeurs défensives recherchées dans le contexte actuel

Dominé par Veolia et Suez, le secteur des « utilities » tire son épingle du jeu depuis le début de l’année. Les investisseurs apprécient le caractère défensif de ces acteurs positionnés sur le traitement de l’eau et des déchets.

Certaines valeurs du Cac 40 font de la résistance malgré le Covid-19. Au cours de la semaine écoulée (cours arrêtés vendredi 6 mars), l’action Veolia a gagné 4%, soit la deuxième performance hebdomadaire de l’indice parisien derrière L’Oréal (+5,3%). Mieux encore, l’action du groupe de services collectifs affiche la meilleure performance depuis le début de l’année : +14%, loin devant Carrefour (+5,4%) et Engie (+5,0%). Il est vrai que le statut de valeur défensive est un atout indéniable dans la période de « sell off » marquée par l’épidémie actuelle et les craintes de récession. Veolia est recherchée par les opérateurs pour la solidité de son business model reposant sur des contrats souvent pérennes avec les collectivités locales et l’industrie dans trois métiers essentiels : l’eau, les déchets et l’énergie. Le groupe français, leader mondial dans ses métiers de prestataire de services dédiés à l’environnement, dessert ainsi 95 millions de personnes en eau potable dans le monde, valorise 49 millions de tonnes de déchets et produit près de 56 millions de MWh (chiffres Veolia).

Au-delà des forces structurelles de la valeur dans l’environnement actuel, le groupe vient de publier un solide exercice 2019, marqué par un résultat net en hausse de 41,8% à 625 millions d’euros. Le chiffre d’affaires est ressorti de son coté en croissance de 4,8% à 27,19 millions d’euros. Le groupe dirigé par Antoine Frérot a également profité de la publication de ses résultats pour dévoiler les contours de sa feuille de route 2020-2023, Impact 2023. C’est à l’international que le groupe ira chercher les relais de croissance, là où se trouve la croissance, et notamment en Asie, Coronavirus ou pas. Valeur défensive certes, mais Veolia est aussi amené à jouer un rôle clé dans les métiers liés à l’environnement et qui concentreront en partie les investissements de demain : démantèlement des centrales nucléaires, recyclage des plastiques, traitement des déchets dangereux etc. En parallèle, le groupe veut réduire ses coûts (250 millions d’euros en 2020) et se désengager des activités moins rentables comme la construction d’usines de traitement de l’eau (Veolia apporte la solution technologique) ou la collecte simple des déchets sans leur valorisation. Par ailleurs, le dividende, actuellement à un euro par action, sera porté à 1,30 euro.

Deux leaders mondiaux français

Sur ce marché des services collectifs en croissance, la France peut s’enorgueillir de posséder deux leaders mondiaux, Veolia et Suez, à l’instar du secteur du luxe où LVMH et Kering dominent outrageusement leurs concurrents. Ainsi, Suez vient de publier des solides résultats 2019 : résultat net en hausse de 5% à 352 millions d’euros et chiffre d’affaires en progression de 3,9% à 18 milliards d’euros. Le groupe, qui réalise 7 à 8% de son activité en Chine, estime que l’épidémie en cours pourrait avoir un impact négatif compris entre 30 et 40 millions d’euros sur son Ebit dans l’hypothèse d’un retour progressif à la normale lors du deuxième trimestre.

Numéro deux mondial de son secteur, Suez, dont Engie possède un tiers du capital, a mis en place de son côté un plan stratégique à horizon 2030 passant par un accroissement de ses parts de marchés et de sa rentabilité en opérant des cessions et des acquisitions ciblées. Cotée au SBF 120, l’action Suez, qui se négocie à 22 fois ses bénéfices estimés en 2020 (vs. 18,5 pour Veolia), gagne 7,5% depuis le début de l’année et 27,5% sur un an. A titre de comparaison, son actionnaire Engie enregistre une hausse de 3,8% depuis le 1er janvier et de 14% sur un an.

Cours arrêtés vendredi 6 mars

 

Source : Fargo, rédigé le 09/03/2020


Tourisme : la peur d’une pandémie mondiale fait chuter les cours

Le Covid-19 sème la panique sur les marchés. En première ligne, compagnies aériennes, voyagistes et groupes hôteliers subissent de plein fouet la chute de leurs réservations… et de leurs titres.

Panique sur les marchés ! La crainte d’une pandémie mondiale liée à la diffusion du coronavirus Covid-19 a eu raison du moral des investisseurs. La semaine écoulée a été fatale aux marchés actions. Si les plus optimistes se rassurent en estimant que les niveaux actuels des cours pourraient offrir des points d’entrée attractifs pour un rebond qui ne tardera pas à venir, les valeurs liées au tourisme et au déplacement des personnes pourraient rapidement se retrouver en grande difficulté avec la chute brutale des réservations constatée depuis début février. L’épidémie partie de Wuhan touche désormais la plupart des pays de l’OCDE. Les mesures de confinement s’étendent à travers la planète et les flux touristiques en pâtissent déjà largement.

En 2019, le nombre de touristes avait déjà reculé de 4% au niveau mondial mais le secteur avait connu deux années de forte croissance, en 2017 et 2018. Ainsi, l’an dernier, ce sont près de 1,5 milliards de touristes internationaux qui ont été recensées par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) dans un climat déjà maussade, marqué par les tensions géopolitiques et l’effet Brexit. Nul doute que les professionnels du secteur ne pouvaient anticiper, début 2020, qu’un virus venu de Chine allait provoquer une psychose planétaire de cette ampleur. Les chiffres à venir du secteur risquent de se révéler alarmants, d’autant que la zone Asie Pacifique a connu, au cours des années précédentes, la plus forte croissance des flux touristiques.

Air France-KLM envisage de nouvelles suppressions d’emplois

Jeudi dernier, c’est l’action Air France-KLM qui enregistrait la plus forte chute de l’indice SBF 120 (-11%). La compagnie aérienne franco-néerlandaise n’a pas caché son inquiétude alors que les mesures de confinement ou de limitation des déplacements pris un peu partout dans le monde se généralisent. « Les conséquences de ces mesures vont nécessairement infléchir notre trajectoire financière et pourraient nous mettre dans une situation de trésorerie difficile, si nous ne réagissions pas immédiatement » a averti le directeur financier d’Air France-KLM qui annonce un passage en revue de tous les investissements IT et immobiliers prévus. Ainsi, la compagnie prévoit de réduire ses effectifs de 1.500 personnes d’ici fin 2022. Le titre chute de 35% depuis le début de l’année et de 43% sur un an.

De son côté, Lufthansa a annoncé mercredi dernier un gel de ses embauches et des offres de congés sans solde à ses employés pour faire face aux conséquences de l’annulation de ses liaisons hebdomadaires entre plusieurs pays européens et la Chine continentale. A Francfort, l’action de la compagnie aérienne allemande décroche de 33% depuis début janvier et de 52% sur un an.

 

Pénalisé par les annulations de vols à destination de l’Asie et les craintes sur le trafic aérien qui font chuter la fréquentation des aéroports, Aéroports de Paris (ADP) ne fait plus les affaires de ses actionnaires alors que l’Etat français garde encore la majorité du capital (la consultation citoyenne en vue d’un éventuel référendum sur la privatisation d’ADP court jusqu’au 12 mars 2020). Le titre chute de 26% depuis le début de l’année et de 24% sur un an. L’hôtellerie est également en première ligne dans le contexte actuel. L’épidémie du coronavirus aura des conséquences sur l’activité d’Accor alors que les 200 hôtels du groupe sont à l’arrêt en Chine. La valeur décroche de 21% depuis début janvier et de 10,5% sur un an.

Du côté des tour-opérateurs, c’est également l’heure de la grande peur alors que les réservations à destination de la Chine ont fondu de 99% depuis début février. Les voyagistes s’attendent au pire avec des annulations de réservations en cascade et une visibilité au point mort pour les prochaines semaines. Cotée à Paris, l’action Voyageurs du Monde dévisse de 23% depuis le début de l’année et de 21% sur un an. A Francfort, c’est encore pire pour le géant TUI qui chute de 41% depuis début janvier et de 29% sur un an.

 

Source : Fargo, rédigé le 02/03/2020


Le secteur technologique résiste face au coronavirus

Les entreprises du secteur technologique semblent a priori faire partie des plus directement affectées par l'épidémie de coronavirus (Covid-19). Pour autant, le secteur surperforme largement.

L’épidémie de coronavirus, désormais désignée sous le nom de Covid-19, gagne de nouveau en intensité après un sentiment d’accalmie. Apple, première capitalisation mondiale, n'échappe pas à la règle et fait partie des principales victimes de l'épidémie. Lundi soir, la firme à la pomme a fait part d’un avertissement sur résultats pour son deuxième trimestre décalé, qui sera clos fin mars. En cause : d'importants ralentissements dans la chaîne de production de ses iPhones, qui dépend largement de prestataires asiatiques présents en Chine.

Bien qu'Apple ne fournisse pas directement de chiffres sur la question, le cabinet d’études TrendForce estime que la production des iPhones d’Apple devrait être réduite d’au moins 10% sur le trimestre, à 41 millions d’exemplaires, l’impact pouvant être encore plus marqué en cas de nouvelles mesures sanitaires drastiques en Chine.

En cause : le net ralentissement des activités de Foxconn, principal fournisseur d’Apple. Le groupe taiwanais, ayant de nombreuses usines en Chine, a subi de plein fouet la crise virale, même si le pire semble désormais passé. Le groupe a annoncé jeudi une reprise progressive de sa production en Chine, qui reste toutefois suspendue à l’évolution de l’épidémie virale. Selon l’intermédiaire KGI, les usines de Foxconn installées sur le territoire chinois devraient avoir retrouvé une production de 30 à 40% de leur capacité d’ici à la fin du mois de février. Sur l'ensemble du premier trimestre, le chiffre d’affaires du groupe devrait tout de même être amputé de près de 50%. Ses usines situées au Vietnam, en Inde et au Mexique continuent néanmoins de fonctionner à plein régime.

Pourtant, si Foxconn perd du terrain en bourse depuis le début de l'année (-9,21%), tel n'est pas le cas d'Apple, qui se porte bien. Avec une hausse de 6,61% depuis le 1er janvier, le groupe caracole désormais à 1.369 milliards de dollars de capitalisation boursière. Dans son sillon, Apple entraîne ses autres fournisseurs, et notamment STMicroelectronics en France, qui gagne toujours 9,93% depuis le début de l’année en tenant compte de la chute du titre de plus de 6% enregistrée lundi 24 février en matinée. Le titre du groupe a retrouvé ses plus hauts niveaux depuis 2002, porté par l’optimisme des investisseurs davantage que par les résultats financiers eux-mêmes : en 2019, le groupe a enregistré une baisse de 1,1% de son chiffre d’affaires et de 19,8% de son résultat net par rapport à 2018.

Quant aux autres GAFAM, leur hausse est encore plus prononcée depuis le début de l'année. Peu dépendantes du marché chinois (Google et Facebook restent interdits en Chine), et encore moins des chaînes de production physiques chinoises, ces titres ont fait office de valeurs-refuges lors des pics d'inquiétude autour du coronavirus en janvier et février. Amazon gagne ainsi 12,59% depuis le début de l'année, Alphabet 10,76% et Microsoft 13,25%. Seul Facebook (+2,40%) reste en léger retrait à cause de la déception des investisseurs sur ses résultats du quatrième trimestre 2019.

En France, en-dehors de STMicroelectronics, le secteur technologique est principalement représenté par les grandes ESN (entreprises de services numériques) que sont Atos ou encore CapGemini. Là encore, leur dépendance au marché chinois reste modérée et les impacts boursiers du coronavirus relativement faibles. Les valeurs françaises ne bénéficient toutefois pas du dynamisme des fleurons du Nasdaq : Capgemini ne gagne que 0,78% depuis le début de l’année et Atos perd 2,69%. Malgré tout, les deux valeurs parviennent à surperformer dans un marché peu porteur : le CAC 40 s’affiche en baisse de 2,96% sur la même période (au 24 février en matinée). La baisse d’Atos résulte par ailleurs davantage de ses résultats 2019 mal accueillis par le marché, que d’un quelconque impact du coronavirus.

En somme, le secteur technologique fait finalement partie des moins affectés par la situation. La crise du coronavirus touche au contraire beaucoup plus lourdement les secteurs industriels dépendants de la production et de la demande chinoise, en premier lieu les secteurs de l’automobile et des matières premières (pétrole, infrastructures parapétrolières, acier). En comparaison, Renault (-28,14%), Vallourec (-27,92%), TechnipFMC (-20,52%), Valeo (-19,68%), Total (-13,41%) ou encore ArcelorMittal (-11,58%) accusent systématiquement de forts replis depuis le début d’année.

 

Source : Fargo, rédigé le 24/02/2020


Constructeurs automobiles : Tesla et les autres

Dans un marché automobile en déclin, le constructeur de véhicules électriques californien suscite un véritable emballement boursier. De quoi agacer les mastodontes du secteur qui doivent gérer, non sans mal, la transformation de leur modèle dans un contexte rendu encore plus difficile en 2020 avec l’épidémie en cours de coronavirus.

L’envolée de l’action Tesla a de quoi faire tourner les têtes. Depuis le début de l’année, le constructeur de voitures électriques californien enchaîne les séances record : lundi 3 février, l’action cotée à Nasdaq flambait ainsi de 20%, suscitant autant d’admiration que d’interrogations au sein de la communauté financière. Tesla est désormais la première capitalisation automobile américaine, devant General Motors et Ford et la deuxième au niveau mondial derrière Toyota.

Avec un PER 2020 stratosphérique de 92, le titre affiche, à la mi-février, une progression de 92% depuis le début de l’année et de 187% sur trois ans ! Certes, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et l’emballement récent lié en partie à des rachats contraints de vendeurs à découvert doit être analysé avec prudence. Le constructeur, qui vient de lancer une augmentation de capital de 2 milliards de dollars, a enfin dégagé un bénéfice net de 105 millions de dollars au quatrième trimestre 2019 (perte de 744 millions l’an dernier). Certains observateurs estiment que le groupe pourrait dessiner l’automobile électrique et autonome des prochaines années, grâce à l’avance technologique de la marque, notamment sur l’autonomie des batteries.

Le parcours boursier de Tesla est donc singulier et laisse pantois les autres constructeurs cotés. General Motors, qui vaut trois fois moins que son rival californien en Bourse, anticipe des bénéfices stables pour 2020 après avoir publié des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre. Mais le groupe de Detroit, qui s’est engagé dans la voiture électrique, est encore trop dépendant des ventes de 4X4 et de pickup, modèles trop gourmands en carburant. L’action General Motors (PER 2020 de 5,5) cède 4,8% depuis le début de l’année et 6,5% sur trois ans. De son côté, Ford (PER 2020 de 7,7) dévisse de 12% depuis début janvier et de 35% sur trois ans.

Renault dans le rouge pour la première fois depuis 2009

Le secteur automobile traverse une période difficile marquée par une baisse des ventes sur les trois grands marchés mondiaux en 2019 (Etats-Unis, Europe, Chine). L’épidémie en cours de coronavirus pourrait contribuer à aggraver la situation des constructeurs qui doivent engager la révolution de la voiture électrique et de l’automatisation. En Europe, les constructeurs vont également devoir se conformer aux nouvelles normes édictées par Bruxelles concernant les émissions de CO2 des véhicules à partir de 2021.

Ainsi, Renault a publié, vendredi 14 février, ses premiers résultats annuels dans le rouge depuis 2009. L’an dernier, la marque au losange a enregistré une perte nette de 141 millions d’euros (après prise en compte des pertes de Nissan) ainsi qu’un chiffre d’affaires en baisse de 3,3% à 55,5 milliards d’euros. Une année marquée notamment par les difficultés de gouvernance consécutives à l’arrestation de Carlos Ghosn en novembre 2018 (éviction de Thierry Bolloré, relations tendues avec Nissan). Pour 2020, Renault attend un chiffre d’affaires stable et la direction, qui veut réduire de 2 milliards d’euros ses coûts structurels au cours des trois prochaines années, n’a pas exclu de recourir à des fermetures d’usine. L’action, qui se négocie à 4,7 fois ses bénéfices estimés pour 2020, chute de 18% depuis début janvier et de 62% sur trois ans.

De son côté, l’action Peugeot (PER 2020 de 5) cède 9% depuis le début de l’année mais gagne 3,5% sur trois ans. Rappelons que PSA Peugeot-Citroën (publication des résultats 2019 le 26 février) et Fiat Chrysler (FCA) ont signé en décembre un accord de fusion en vue de donner naissance au quatrième constructeur mondial, derrière Volkswagen (stable depuis le début de l’année, +14% sur trois ans), Toyota et l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

 

Source : Fargo, rédigé le 17/02/2020

 

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Le secteur des cosmétiques redoute les conséquences de l’épidémie de coronavirus

Les investisseurs ont salué les très bons résultats 2019 de L’Oréal. Leader de l’industrie des cosmétiques, le groupe français a continué de profiter du dynamisme de la zone asiatique. Mais l’épidémie partie de Chine aura un impact économique en 2020 sur les ventes du secteur.

Jean-Paul Agon est un patron heureux. En 2019, L’Oréal a réalisé « son meilleur exercice depuis 2007 » annonce-t-il dans Les Echos, vendredi 7 février. Le numéro un mondial de l’industrie des cosmétiques a frôlé les 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit une progression de 8% à données comparables alors que le résultat d’exploitation est ressorti en hausse de 12,7% à 5,54 milliards d’euros. Une année marquée notamment par l’essor spectaculaire des ventes en ligne : +52,4%. Toutes les divisions du groupe français sont en croissance. L’Oréal Luxe a dépassé les 11 milliards d’euros de CA (Lancôme, Saint Laurent, Giorgio Armani, Kiehl’s etc.) alors que la branche Cosmétique Active (La Roche-Posay) a dépassé le milliard d’euros de CA. Au niveau géographique en revanche, l’activité en Amérique du Nord a stagné alors que l’Asie est restée dynamique, devenant la première zone du groupe.

En 2020, l’épidémie du coronavirus aura un impact sur les ventes en Asie au T1. « Ce virus va avoir des conséquences sur la consommation, mais l’ampleur dépendra de sa durée » admet Jean-Paul Agon. Il est clair qu’une aggravation de l’épidémie aurait des effets délétères sur l’ensemble de l’industrie du luxe et des cosmétiques mais le PDG de L’Oréal préfère rappeler les exemples du SRAS en 2003 et du MERS en 2015 où une brève période de baisse des ventes avait été suivie d’une relance de la consommation. En outre, l’explosion des ventes en ligne, notamment en Chine où elles représentent 50% de l’activité, amortit les conséquences de la chute de la fréquentation des magasins et des aéroports. Quoi qu’il en soit, il y aura un effet coronavirus pour l’ensemble de l’industrie du luxe et des cosmétiques. Ainsi, un analyste de Jefferies prévoit une chute de 35% des dépenses chinoises dans le luxe au cours du premier trimestre 2020.

En Bourse, l’action L’Oréal affiche un parcours boursier enviable : la valeur, en hausse de 7,5% sur la semaine écoulée, gagne 25% sur un an et 58% sur trois ans. Certes, elle se négocie avec un PER élevé, à près de 30 fois les bénéfices estimés pour 2020 mais L’Oréal dispose de marques fortes disposant d’une vraie capacité à résister aux soubresauts de la conjoncture.

« Optimisme prudent » pour 2020

De son côté, le groupe allemand Beiersdorf affiche un PER estimé pour 2020 à 28. Le propriétaire de la marque Nivéa a vu sa croissance organique atteindre 4,1% l’an dernier à 7,65 milliards d’euros et aborde 2020 avec un « optimisme prudent ». L’action du groupe basé à Hambourg cède 2% depuis le début de l’année, gagne 17% sur un an et 25% sur trois ans. Quant à Estée Lauder (PER 2020 de 32), il vient de publier des résultats du deuxième trimestre supérieurs aux attentes (hausse de 15% du CA à 4,62 milliards de dollars contre un consensus de 4,35 milliards). L’action du groupe américain de cosmétiques est stable depuis le début de l’année mais s’envole de 36% sur un an et de 148% sur trois ans !

Très dépendant de la consommation chinoise, le groupe japonais Shiseido paie les craintes actuelles des investisseurs. L’action chute de près de 7% depuis le début de l’année mais s’envole de 132% sur trois ans. Créée en 1872, Shiseido est la plus ancienne entreprise de cosmétique au monde. Coty figure également au rang des acteurs de premier plan de cette industrie. Le groupe américain d’origine française (créé par François Coty en 1904) a repris en 2015 les produits de beauté de Procter & Gamble (parfums et soins), soit 43 marques pour 12,5 milliards de dollars. Il vient de publier des résultats supérieurs aux attentes malgré une perte nette de 21 millions de dollars au deuxième trimestre de son exercice (960 millions de perte, un an plus tôt). A Wall Street, l’action Coty (PER estimé de 15 pour 2020) gagne 5% depuis le début de l’année, s’envole de 67% sur un an mais cède 39% sur trois ans.

Source : Fargo, rédigé le 10/02/2020

 

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Les valeurs parapétrolières frappées de plein fouet par la baisse du prix du baril

L’année a mal commencé en Bourse pour les groupes parapétroliers. Sur fond de recul des cours des hydrocarbures, les entreprises du secteur doivent faire face depuis plusieurs années à la baisse des investissements des majors.

Que se passe-t-il chez TechnipFMC ? La valeur parapétrolière cotée à Paris commence l’année de la pire des façons : elle a encore perdu plus de 11% au cours de la semaine écoulée (-6,79% sur la séance de jeudi). Le titre, qui appartient au Cac 40, chute ainsi de 22,5% depuis le début de l’année, de 28% sur un an et de 52% sur trois ans. Il est vrai que le contexte immédiat n’est guère favorable pour les majors pétrolières et entreprises parapétrolières. Le prix du pétrole est affecté par l’épidémie de coronavirus qui touche principalement la Chine et fait craindre un ralentissement de l’économie mondiale et des échanges commerciaux. Vendredi 31 janvier, le Brent (pétrole de la Mer du Nord) accusait un nouveau repli de 2%, à 58 dollars le baril.

Si la baisse actuelle des cours des hydrocarbures incite les investisseurs à se détourner des valeurs du secteur, la sanction est néanmoins particulièrement sévère pour TechnipFMC. Au-delà de ces aspects conjoncturels, la fusion du français Technip et de l’américain FMC Technologies, effective depuis janvier 2017, n’a jamais tenu ses promesses. En 2018, le groupe a réalisé une perte nette de 1,9 milliards de dollars. L’idée du rapprochement voulu par Thierry Pilenko, alors PDG de Technip, était de renforcer l’offre de l’entreprise française d’ingénierie pétrolière dans les systèmes sous-marins. Mais rapidement, la mainmise des Américains sur le nouveau groupe a été ressenti très difficilement à Paris.

Si TechnipFMC partage désormais sa direction entre Houston, Paris et Londres, la capitale britannique abrite le siège social du groupe franco-américain. A ce titre, le Brexit, effectif depuis vendredi minuit, n’arrange pas les affaires de l’entreprise, seule valeur du Cac 40 à disposer d’un siège social au Royaume-Uni. Le groupe parapétrolier vient néanmoins de valider courant janvier son projet de scission en deux entités, qui sera normalement effectif au deuxième trimestre. Ainsi, Technip Energies deviendra un « pure player » dans l’ingénierie pour l’industrie pétrolière et gazière dont le siège sera à Amsterdam tandis que TechnipFMC, dont le siège sera à Houston, deviendra un fournisseur de services et de technologies entièrement intégré. Ce projet signe ainsi l’aveu de l’échec d’une fusion en moins de trois ans.

 En convalescence, CGG et Vallourec sortent difficilement du marasme

Dans un marché marqué par le recul des investissements des majors pétrolières et une pression constante sur les prix, les groupes parapétroliers français du secteur arrivent difficilement à sortir la tête de l’eau. Le cas de CGG est significatif. L’entreprise spécialisée dans la fourniture de services géophysiques et sismiques pour le compte de l’industrie pétrolière et gazière a connu une véritable descente aux enfers avant d’entamer une lourde restructuration financière à partir de 2017. Le groupe vient récemment de sortir des activités d’acquisition de données sismiques marine. En 2019, CGG a vu son chiffre d’affaires progresser de 14% à 1,4 milliard d’euros et pour la première fois depuis 2012 a réussi à générer un cash annuel positif. Si la valeur recule de 12% depuis début janvier, elle regagne encore 55% sur un an mais chute de 43% sur trois ans. De son côté, Vallourec, le fabricant de tubes sans soudure pour l’industrie pétrolière, devrait, selon les analystes, réduire ses pertes sur l’exercice 2019. En Bourse, la valeur dévisse de 18% depuis le début de l’année mais regagne encore 46% sur un an. Sur trois ans, la chute atteint tout de même 65% !

Au niveau international, le leader Schlumberger traverse une période difficile. Le groupe parapétrolier américain a vu, l’an dernier, son bénéfice net reculer de 9% à 2,05 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires stable à 39,2 milliards de dollars. A Wall Street, l’action chute de 14% depuis le début de l’année, de 21% sur un an et de 60% sur trois ans !

Source : Fargo, rédigé le 03/02/2020

 


Vins et Spiritueux : l’Asie devient une source d’inquiétude pour les prochains mois

Rémy Cointreau ne livrera pas d’objectifs annuels et de moyen terme alors que la dernière publication a fortement déçu les investisseurs. Si le secteur reste suffisamment innovant pour séduire de nouveaux consommateurs, l’année en cours s’annonce difficile.

Sévère déception pour les actionnaires de Rémy Cointreau (Rémy Martin, Mount Gay, Piper Heidsieck etc.) après la publication du chiffre d’affaires du troisième trimestre 2019-2020. Le groupe de spiritueux français a dévissé, vendredi 24 janvier, de 11,65% à la Bourse de Paris. A 290,2 millions d’euros, le CA ressort en recul de 11,3% à périmètre constant, loin des attentes du consensus (les analystes attendaient 310,4 millions d’euros !). Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires affiche une baisse de 4,1%. Cette contre-performance s’explique en partie par des ventes décevantes du cognac Rémy Martin aux Etats-Unis et de la division Liqueurs & Spiritueux. Surtout, le groupe a décidé de suspendre ses objectifs annuels et de moyen terme (progression de la marge opérationnelle courante etc.).

Le contexte est difficile pour Eric Vallat, le nouveau directeur général qui a succédé le mois dernier à Valérie Chapoulaud-Floquet qui était à la tête du groupe depuis 2014. D’autant que le groupe de spiritueux premium réalise environ un quart de ses ventes en Chine. Or, la période du nouvel an chinois représente traditionnellement une période de forte consommation dans l’Empire du Milieu. Mais l’épidémie de coronavirus détectée à Wuhan change la donne cette année. La psychose s’est emparée du pays et les festivités ont été annulées à Pékin. Une mauvaise nouvelle supplémentaire pour Rémy Cointreau qui avait déjà été impacté par les troubles survenus à Hong Kong en 2019. L’Asie inquiète et ces évènements devraient peser négativement sur les ventes de tous les acteurs du secteur au cours des prochains mois.

En Bourse, la chute de vendredi a fait passer le cours de l’action Rémy Cointreau sous la barre des 100 euros. Le titre cède 2% sur un an mais gagne encore 18,5% sur trois ans. Il se négocie à 36 fois les bénéfices estimés pour 2020 alors que le PER 2020 de Pernod Ricard ne dépasse pas 25. L’action du numéro deux mondial des Vins & Spiritueux a perdu 1% le jour de l’annonce de la publication décevante de Rémy Cointreau. Elle gagne encore 15,5% sur un an et 50% sur trois ans.

Montée en puissance des spiritueux sans alcool

Pernod Ricard (Chivas, Jameson, Absolut, Perrier-Jouët, Martell etc.) avait publié au cœur de l’été derniers ses meilleurs résultats annuels (exercice 2018/2019) des sept dernières années. Un motif de satisfaction pour Alexandre Ricard qui dirige l’entreprise familiale depuis le décès de Patrick, son oncle, en août 2012. Le plus jeune PDG du Cac 40 (il a 47 ans) est pourtant sous pression depuis l’arrivée du fonds activiste Elliott, en décembre 2018, dans le capital de l’entreprise créée en 1932 par son grand-père Paul.

Si la montée en gamme (« premiumisation ») et la croissance de l’Asie ont incontestablement porté leurs fruits au cours des années précédentes, les acteurs du secteur doivent innover et inventer de nouveaux concepts, notamment pour séduire une clientèle plus jeune. Parti des Etats-Unis, la mode des spiritueux sans alcool se répand dans le monde. La consommation d’alcool décroît dans de nombreux pays (elle a diminué de 30% en vingt ans en France, à moins de 12 litres par an et par personne). Les leaders du secteur l’ont bien compris et rivalisent pour capter ce marché prometteur (et moins taxé) : gin sans alcool (Ceder’s) et whisky sans alcool (Celtic Soul) chez Pernod Ricard.

De son côté, le britannique Diageo (Smirnoff, Johnnie Walker, Guinness, J&B etc.) a fait l’acquisition en août 2019 de Seedlip, un spiritueux sans alcool inventé en 2015, le premier du genre. Le numéro un mondial du secteur met également l’accent sur les boissons faiblement alcoolisées pour séduire de nouveaux consommateurs. A Londres, l’action Diageo, dont le PER estimé pour 2020 ne dépasse pas 20, gagne 18,5% sur un an et près de 50% sur trois ans.

Source : Fargo, rédigé le 27/01/2020