Les entreprises du secteur technologique semblent a priori faire partie des plus directement affectées par l’épidémie de coronavirus (Covid-19). Pour autant, le secteur surperforme largement.

L’épidémie de coronavirus, désormais désignée sous le nom de Covid-19, gagne de nouveau en intensité après un sentiment d’accalmie. Apple, première capitalisation mondiale, n’échappe pas à la règle et fait partie des principales victimes de l’épidémie. Lundi soir, la firme à la pomme a fait part d’un avertissement sur résultats pour son deuxième trimestre décalé, qui sera clos fin mars. En cause : d’importants ralentissements dans la chaîne de production de ses iPhones, qui dépend largement de prestataires asiatiques présents en Chine.

Bien qu’Apple ne fournisse pas directement de chiffres sur la question, le cabinet d’études TrendForce estime que la production des iPhones d’Apple devrait être réduite d’au moins 10% sur le trimestre, à 41 millions d’exemplaires, l’impact pouvant être encore plus marqué en cas de nouvelles mesures sanitaires drastiques en Chine.

En cause : le net ralentissement des activités de Foxconn, principal fournisseur d’Apple. Le groupe taiwanais, ayant de nombreuses usines en Chine, a subi de plein fouet la crise virale, même si le pire semble désormais passé. Le groupe a annoncé jeudi une reprise progressive de sa production en Chine, qui reste toutefois suspendue à l’évolution de l’épidémie virale. Selon l’intermédiaire KGI, les usines de Foxconn installées sur le territoire chinois devraient avoir retrouvé une production de 30 à 40% de leur capacité d’ici à la fin du mois de février. Sur l’ensemble du premier trimestre, le chiffre d’affaires du groupe devrait tout de même être amputé de près de 50%. Ses usines situées au Vietnam, en Inde et au Mexique continuent néanmoins de fonctionner à plein régime.

Pourtant, si Foxconn perd du terrain en bourse depuis le début de l’année (-9,21%), tel n’est pas le cas d’Apple, qui se porte bien. Avec une hausse de 6,61% depuis le 1er janvier, le groupe caracole désormais à 1.369 milliards de dollars de capitalisation boursière. Dans son sillon, Apple entraîne ses autres fournisseurs, et notamment STMicroelectronics en France, qui gagne toujours 9,93% depuis le début de l’année en tenant compte de la chute du titre de plus de 6% enregistrée lundi 24 février en matinée. Le titre du groupe a retrouvé ses plus hauts niveaux depuis 2002, porté par l’optimisme des investisseurs davantage que par les résultats financiers eux-mêmes : en 2019, le groupe a enregistré une baisse de 1,1% de son chiffre d’affaires et de 19,8% de son résultat net par rapport à 2018.

Quant aux autres GAFAM, leur hausse est encore plus prononcée depuis le début de l’année. Peu dépendantes du marché chinois (Google et Facebook restent interdits en Chine), et encore moins des chaînes de production physiques chinoises, ces titres ont fait office de valeurs-refuges lors des pics d’inquiétude autour du coronavirus en janvier et février. Amazon gagne ainsi 12,59% depuis le début de l’année, Alphabet 10,76% et Microsoft 13,25%. Seul Facebook (+2,40%) reste en léger retrait à cause de la déception des investisseurs sur ses résultats du quatrième trimestre 2019.

En France, en-dehors de STMicroelectronics, le secteur technologique est principalement représenté par les grandes ESN (entreprises de services numériques) que sont Atos ou encore CapGemini. Là encore, leur dépendance au marché chinois reste modérée et les impacts boursiers du coronavirus relativement faibles. Les valeurs françaises ne bénéficient toutefois pas du dynamisme des fleurons du Nasdaq : Capgemini ne gagne que 0,78% depuis le début de l’année et Atos perd 2,69%. Malgré tout, les deux valeurs parviennent à surperformer dans un marché peu porteur : le CAC 40 s’affiche en baisse de 2,96% sur la même période (au 24 février en matinée). La baisse d’Atos résulte par ailleurs davantage de ses résultats 2019 mal accueillis par le marché, que d’un quelconque impact du coronavirus.

En somme, le secteur technologique fait finalement partie des moins affectés par la situation. La crise du coronavirus touche au contraire beaucoup plus lourdement les secteurs industriels dépendants de la production et de la demande chinoise, en premier lieu les secteurs de l’automobile et des matières premières (pétrole, infrastructures parapétrolières, acier). En comparaison, Renault (-28,14%), Vallourec (-27,92%), TechnipFMC (-20,52%), Valeo (-19,68%), Total (-13,41%) ou encore ArcelorMittal (-11,58%) accusent systématiquement de forts replis depuis le début d’année.

 

Source : Fargo, rédigé le 24/02/2020