Danone publie des résultats trimestriels décevants et engage une réorganisation en profondeur de ses activités. De leur côté, Nestlé et Unilever présentent de solides publications et résistent mieux en Bourse que leur concurrent français.

Semaine boursière difficile pour Danone. Le groupe agroalimentaire français signe la plus mauvaise performance hebdomadaire du Cac 40 en reculant de 7,4%. Depuis le début de l’année, l’action abandonne 31% quand l’indice parisien ne cède que 18% en 2020. Que se passe-t-il chez ce fleuron de l’agroalimentaire français ? La valeur est plutôt classée dans la catégorie des titres défensifs, moins sensibles aux cycles économiques que bien d’autres. La pandémie du Covid-19 et les conséquences de la crise sanitaire sur la consommation des ménages ne touchent pas prioritairement les produits alimentaires (Danone est présent dans les produits laitiers frais, l’eau, la nutrition infantile etc.) mais davantage les entreprises des secteurs liés aux loisirs et aux déplacements de population.

Toutefois, Danone a vu son chiffre d’affaires du troisième trimestre ressortir en baisse de 9,3% à 5,8 milliards d’euros (-2,5% toutefois en données comparables). C’est le pôle Eaux qui pâtit de la plus mauvaise performance avec des ventes en recul de 13,5% au T3 (en données comparables). Si l’objectif de la direction pour 2020 est de dégager une marge opérationnelle courante de 14% grâce à des mesures de réduction des coûts, le PDG Emmanuel Faber prépare une réorganisation en profondeur et une revue stratégique de ses activités pour s’adapter « au nouvel environnement et aux nouveaux enjeux du secteur ». L’idée sera notamment de remplacer l’organisation par métiers par une gestion pilotée par zones géographiques, plus adaptée selon Emmanuel Faber pour raccourcir les échelles de décision dans le contexte actuel. Le but est de retrouver un objectif annuel de moyen terme de 3 à 5% de croissance rentable. Au sommet de l’entreprise, Cécile Cabanis, la directrice financière et numéro deux du groupe, cédera la place en février à Juergen Esser, actuellement directeur financier des divisions Eaux et Afrique.

Nestlé relève ses prévisions pour l’exercice 2020

Danone aura fort à faire face à certains de ses concurrents comme Nestlé qui affiche une résistance insolente. Le numéro un mondial du secteur agroalimentaire a publié des solides résultats au T3, marqués par une progression de ses ventes de 4,9% au T3 (croissance organique de +3,5% sur les neuf premiers mois de l’année alors que les analystes tablaient sur une hausse de 2,8%). Porté par la bonne tenue des ventes des aliments pour animaux de compagnie et des produits de santé, le groupe suisse revoit ainsi à la hausse ses prévisions de croissance organique à environ 3% pour 2020. Engagé dans un programme de cessions d’actifs marquées notamment par la cession en vue de sa division Nestlé Skin Health, son activité de glaces aux Etats-Unis et ses produits Herta, le groupe suisse réfléchit comme Danone à l’avenir de son pôle Eaux, en Amérique du Nord. Cotée à Zurich, l’action Nestlé gagne 1,4% depuis le début de l’année.

A l’instar de Nestlé, Unilever a annoncé une reprise plus rapide que prévu de son chiffre d’affaires au T3. Le groupe agroalimentaire est porté par le dynamisme retrouvé des pays émergents. Les ventes ont augmenté de 4,4% à 12,9 milliards d’euros alors que le consensus attendait une progression limitée à 1,3%. Si Alan Jope, le directeur général du géant anglo-néerlandais, n’a pas caché le climat imprévisible dans lequel son entreprise évoluait (pas d’objectifs donnés à court terme), le groupe table sur la croissance de la demande des aliments consommés à la maison, en cette année marquée par le confinement, et en particulier des produits végétariens et végans. Cotée à Amsterdam, l’action a retrouvé ses niveaux du début de l’année (-0,25%).

Fargo, rédigé le 26/10/2020