Le trafic sur les réseaux télécoms augmente fortement depuis le début de la période de confinement en France. Mais les opérateurs ont les moyens d’y faire face même si le contexte actuel oblige le régulateur à repousser les enchères d’attribution de la 5G.

Plus forte hausse de la semaine écoulée à la Bourse de Paris, Orange (+15,9%) est aussi une entreprise particulièrement sollicitée dans le contexte actuel. Le confinement généralisé de la population française a des conséquences spectaculaires sur l’activité de l’opérateur historique : le télétravail multiplié par sept, les visioconférences, très gourmandes en bande passante, et le trafic vocal ont doublé. Plus globalement, le trafic mobile et fixe explose. L’application Whatsapp connaît une multiplication par cinq de sa fréquentation. Quant à la télévision, selon une étude de Médiamétrie, la durée d’écoute a progressé de plus d’une heure par jour en moyenne par foyer par rapport à un jour comparable de l’année précédente.

Pour autant, Stéphane Richard s’est voulu rassurant : « Nous avons un réseau qui a été conçu pour absorber des flux considérables ». Toutefois, le patron d’Orange recommande aux utilisateurs d’utiliser au maximum le wifi et la décision a été prise de multiplier par deux la capacité des câbles d’Orange. Afin d’alléger le réseau, Stéphane Richard a également demandé le report du lancement de Disney+, la plateforme de vidéos en streaming du géant du divertissement qui devait avoir lieu mardi 24 mars.  De leur côté, les plateformes américaines Netflix et You Tube ont annoncé qu’elles allaient réduire la qualité de diffusion de leur service en Europe (le streaming représente 50% du trafic internet en France), contribuant ainsi à éviter la saturation des bandes passantes et les difficultés de connexion des sites d’éducation à distance ou des visioconférences.

Report des enchères sur la 5G

Autre dossier crucial : la 5G. La France est l’un des derniers grands pays européens à ne pas encore avoir adopté cette technologie qui va rendre la vitesse de téléchargement dix fois plus rapide qu’elle ne l’est aujourd’hui avec la 4G. L’enjeu est colossal (Huawei a été autorisé à concourir sous conditions avec Nokia et Ericsson), tant sur le plan technologique que financier. Il devrait permettre à l’Etat français de récupérer au minimum 2,17 milliards d’euros. Problème, la crise du coronavirus oblige l’Arcep, le régulateur des télécoms, à repousser les enchères initialement prévues à la mi-avril.

En attendant, la performance boursière de la semaine permet à l’action Orange de limiter sa baisse à 15% depuis le début de l’année et à 22% sur un an. De son côté, l’action Iliad a grimpé de 10,7% au cours de la semaine et parvient ainsi à gagner 2,5% depuis le début de l’année et 31% sur un an (la valeur s’est redressée depuis 2019 mais perd encore 43% sur trois ans). La maison-mère de Free a annoncé, la semaine dernière, qu’elle payerait immédiatement ses fournisseurs sans attendre le délai légal de 45 jours, afin de soulager ses sous-traitants en difficulté dans la période actuelle.

En forte hausse de 17% au cours de la semaine écoulée, le titre Bouygues perd 25% depuis le début de l’année et 11% sur un an. Le réseau Bouygues Telecom, filiale du conglomérat dirigé par Martin Bouygues, est déjà équipé en partie en matériel Huawei, tout comme SFR alors qu’Orange et Free ont choisi des équipementiers européens. Enfin, l’action Altice Europe n’a pas la cote auprès des investisseurs en 2020. Le groupe contrôlé par Patrick Drahi, propriétaire de l’opérateur SFR, est en chute libre de 52% depuis début janvier mais reste en hausse de 33% sur un an (sur trois ans, la déconfiture atteint 87% !).

 

Fargo, le 23/03/2020