Les marchés se sont repliés au cours de la semaine, affectés par les craintes autour du coronavirus chinois. La bourse de Shanghai accuse le coup.

La semaine a été marquée par les inquiétudes relatives au nouveau coronavirus chinois. Bien que le nombre de victimes reste limité (80 décès au 27 janvier), le risque de pandémie a conduit l’Empire du Milieu à placer certaines villes en quarantaine, dont la ville de Wuhan (11 millions d’habitants) où est apparu le virus en décembre. Les festivités du Nouvel An ont par ailleurs été annulées à Pékin et dans de nombreuses grandes villes du pays.

Les investisseurs se sont inquiétés de l’impact de ces mesures sur les dépenses de consommation, le tourisme et le dynamisme économique chinois au sens large. L’OMS a néanmoins jugé en fin de semaine qu’il était prématuré de considérer cette nouvelle maladie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Les développements de cette affaire restent à suivre et pénalisaient de nouveau les marchés lundi 27 janvier en matinée.

Jeudi 23 janvier, la seconde conférence de presse de Christine Lagarde en tant que présidente de la BCE a permis de confirmer le lancement d’un réexamen des missions de la banque centrale et de ses outils de pilotage monétaire. Le but de ce grand audit est notamment de déterminer si l’objectif d’inflation de la BCE, actuellement situé à un niveau proche de 2%, ne devrait pas être abaissé pour tenir compte des changements économiques observés depuis la fixation de cette cible il y a 20 ans.

Du côté des indicateurs, le PMI manufacturier allemand du mois de janvier est ressorti supérieur aux attentes à 45,2 points. L’indice, sous les 50 points, continue d’envoyer un signal négatif au sujet de l’activité industrielle allemande, mais est tout de même ressorti à son plus haut niveau depuis le mois de juin 2019, confirmant une tendance à l’amélioration initiée en fin d’année dernière.

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 a perdu 1,25% à 6.024 points et l’Eurostoxx 50 s’est replié de 0,76% à 3.779 points. Outre-Atlantique, le Dow Jones s’est également contracté de 1,22% à 28.989 points. En Chine, l’indice Shanghai Composite a perdu 3,22%.

Les valeurs cycliques et du luxe souffrent du coronavirus

Malgré un contexte défavorable, la saison des résultats annuels s’est ouverte sous de bons auspices. STMicroelectronics (+10,25%) a bondi après avoir annoncé un chiffre d’affaires en hausse de 4% au T4 2019 face au T4 2018. Le groupe renoue avec une croissance dynamique depuis 6 mois. Sur l’ensemble de l’année, le chiffre d’affaires reste en recul de 1,1% à 9,56 milliards de dollars, et le résultat net chute de 19,8% à 1,03 milliard de dollars. Le groupe a aussi et surtout été porté par les bonnes prévisions annuelles d’Intel (+14,88%).

Carrefour (+3,66%) a également progressé après avoir fait part d’estimations rassurantes sur ses résultats annuels qui seront publiés le 27 février. Le groupe de grande distribution s’attend à un chiffre d’affaires en hausse de 3,1% à périmètre constant. Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a souligné que ces estimations positives étaient liées au bon déroulement du plan de transformation annoncé par le groupe en début d’année 2018.

À l’inverse, la plus forte baisse de la semaine revient de nouveau à Renault (-7,62%), qui chute désormais de 14% depuis le début de l’année. Le groupe a notamment souffert d’une note d’analyste de Citi signalant que l’entreprise pourrait prochainement se retrouver à court de trésorerie et contrainte de vendre rapidement sa participation dans Nissan. Le constructeur est revenu à son plus bas niveau en bourse depuis 2012. Dans le secteur automobile, Peugeot (-2,68%), Michelin (-3,00%), Valeo (-5,77%) et Faurecia (-5,18%) ont également continué à perdre du terrain.

Les valeurs du secteur pétrolier ont, elles aussi, poursuivi leur repli avec la contraction des cours du brut. Le Brent est revenu à 61 dollars/baril, affecté par les craintes sur la demande chinoise. TechnipFMC a perdu 7,07% sur la semaine, revenant à son plus bas niveau depuis 2009. La scission du parapétrolier en deux entités distinctes, confirmée pour le premier semestre 2020, ne rassure pas les investisseurs. Total s’est également replié de 2,33%. Le luxe a également été pénalisé par le coronavirus chinois. Kering (-6,05%) et LVMH (-5,18%) ont été particulièrement impactés.

Source : Fargo, rédigé le 27/01/2020