La semaine s’est soldée par un repli des marchés actions dans une ambiance toujours dominée par l’épidémie de Covid-19, mais l’animation est surtout venue des publications trimestrielles.

Sans surprise, l’actualité des marchés est restée dominée par les nouvelles peu enthousiasmantes liées à l’épidémie de Covid-19. La multiplication des mesures de confinement ou de couvre-feu en Europe pèse sur les perspectives économiques du T4 2020. Cette dégradation s’est d’ores et déjà traduite par une rechute de l’indice PMI composite de la zone euro du mois d’octobre, tombé en zone de contraction, sous les 50 points.

Tout n’est pas noir pour autant : certains indicateurs d’activité ont au contraire surpris à la hausse, comme le PMI manufacturier allemand, qui a largement dépassé les attentes du consensus en atteignant 58 points, son plus haut niveau depuis mai 2018.

Tout n’est pas noir non plus aux Etats-Unis. Malgré l’absence d’avancée sur le second plan de relance américain, les nouvelles inscriptions au chômage ont continué à régresser. Avec 787.000 demandeurs d’emplois supplémentaires en une semaine, le chiffre est revenu à son plus bas niveau depuis le début de la crise.

L’attention des investisseurs reste enfin rivée sur l’élection présidentielle américaine du 3 novembre. Joe Biden, en position favorable, a déclaré dans le courant de la semaine qu’il se détournerait de l’industrie pétrolière s’il était élu. « Le pétrole doit être remplacé progressivement » a déclaré le candidat démocrate, prenant le contre-pied de Donald Trump. Cette déclaration a participé à un léger repli des prix du pétrole, revenus sous la barre à 39 dollars/baril pour le WTI.

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 a perdu 0,53% à 4.909 points et l’Euro Stoxx 50 s’est contracté de 1,44% à 3.198 points. Même tendance aux Etats-Unis où le Dow Jones a perdu 0,95% à 28.335 points et le Nasdaq a reculé de 1,06% à 11.548 points.

La saison des résultats bat son plein

La semaine a surtout été animée par de nombreuses publications de résultats ayant amené de bonnes comme de mauvaises surprises.

Du côté des bonnes surprises, Renault (+3,79%) a fait part de résultats trimestriels supérieurs aux attentes. De juillet à septembre, la marque au losange a vu ses ventes reculer de 8,2% face au T3 2019, un chiffre nettement meilleur que celui du premier semestre (-34,3%). Michelin (+4,85%) a également relevé ses prévisions pour la fin d’année et Airbus (+5,74%) s’est montré optimiste sur l’augmentation de la demande d’A320neo malgré la crise, entraînant Safran (+6,44%) dans son sillon. La semaine a ainsi bénéficié aux valeurs cycliques, y compris aux valeurs bancaires avec Société Générale (+5,74%), BNP Paribas (+4,02%) et Crédit Agricole (+2,40%).

Du côté des déceptions, Dassault Systèmes (-6,74%) a fait part d’une croissance organique de 4% au troisième trimestre, mais le consensus des analystes tablait sur un chiffre plus élevé et le groupe a révisé à la baisse ses prévisions pour la fin d’année. Kering (-5,67%) a également résisté à la crise avec une baisse de son chiffre d’affaires de seulement 1,2% en données organiques face au T3 2019, mais les investisseurs ont sanctionné les difficultés de la marque Gucci, dont les ventes ont reculé de 8,9% sur la même période. Enfin, Unibail-Rodamco-Westfield (-7,81%) a rechuté en terminant à la dernière place du CAC 40. Le bras de fer entre la direction et Xaviel Niel a laissé place à des prises de bénéfices en amont de la publication des résultats de la foncière ce lundi.

Enfin, aux Etats-Unis, la saison des résultats apporte pour l’instant une nette majorité de bonnes surprises. D’après les données de Refinitiv, sur les 135 sociétés du S&P 500 ayant déjà publié leurs chiffres, 84% d’entre elles ont dépassé les attentes du consensus. Contre la tendance, Netflix (-8,01%) a déçu par son faible nombre de nouveaux abonnés au T3. Seuls 2,2 millions de foyers sont venus s’ajouter aux 25,9 millions de nouveaux clients du premier semestre 2020. American Express (-3,75%) a également déçu à cause de résultats dégradés par la hausse des créances douteuses. Les investisseurs ont désormais les yeux tournés vers les GAFA qui publieront leurs résultats cette semaine.

Fargo, rédigé le 26/10/2020