Les marchés actions ont connu un net repli au cours de la semaine dernière, toujours pénalisés par les craintes relatives au coronavirus chinois.

Un seul sujet a occupé l’esprit des investisseurs au cours de la semaine dernière : l’épidémie chinoise de coronavirus. La concrétisation du Brexit, attendue depuis 3 ans et demi, est passée quasi-inaperçu dans ce contexte. De même, les investisseurs n’auront retenu que quelques mots de la déclaration de politique monétaire de Jerome Powell, président de la Fed, qui a considéré que l’épidémie de coronavirus constituait une menace « très sérieuse ».

De fait, l’OMS a requalifié l’épidémie de coronavirus d’« urgence internationale », ravivant les craintes d’une mise à l’écart temporaire de la Chine sur le plan international. La situation pourrait se traduire par un tassement économique susceptible de se transmettre aux pays les plus dépendants du dynamisme chinois. C’est donc la contagion économique, bien plus que la contagion médicale d’une maladie somme toute assez peu dangereuse, qui échauffe les esprits des investisseurs.

En conséquence, le scénario du ralentissement chinois a provoqué une nette baisse des prix du pétrole. Le Brent est revenu à 56 dollars le baril, son plus bas niveau depuis décembre 2018. Le WTI américain est quant à lui revenu à 51 dollars le baril.

À l’inverse, les investisseurs se sont tournés vers les valeurs-refuges, en particulier vers les emprunts d’Etats, pesant ainsi sur les rendements des marchés obligataires. Le taux du Bund allemand à 10 ans est revenu à -0,43%, au plus bas depuis le mois d’octobre. Le taux de l’OAT française de même échéance est quant à lui redescendu à -0,17%, plongeant de nouveau en territoire négatif.

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 a perdu 3,62% à 5.806 points et l’Eurostoxx 50 s’est contracté de 3,66% à 3.640 points. Aux Etats-Unis, le Dow Jones s’est quant à lui contracté de 2,59% à 28.256 points. La bourse de Shanghai était fermée toute la semaine à l’occasion du Nouvel An chinois, et a rouvert lundi 3 février en perdant 7%.

Les valeurs cycliques en première ligne

Les valeurs les plus exposées à la Chine, notamment cycliques, ont été particulièrement affectées au cours de la semaine, à l’image du secteur pétrolier. TechnipFMC (-12,68%) a terminé à la dernière place du CAC 40 sur l’ensemble de la semaine. Total (-6,82%) a également fait partie des plus fortes baisses de l’indice parisien.

L’automobile a poursuivi sa descente à vive allure. Renault (-2,78%) n’a connu qu’un rebond éphémère suite à l’annonce de la nomination de son nouveau directeur général, Luca de Meo, ancien dirigeant de Seat, qui devra trouver une solution face à la fragilisation du partenariat avec Nissan. La marque au losange a désormais perdu 65% de sa valeur boursière depuis son pic de 2018. Peugeot (-3,43%) est revenu à son plus bas niveau depuis un an, poursuivant son repli depuis l’annonce de la fusion avec FCA. Parmi les valeurs les plus durement touchées du secteur se trouve également l’équipementier Valeo (-5,78%).

Le secteur bancaire a souffert de la nouvelle plongée des taux souverains en territoire négatif. BNP Paribas (-3,73%), Société générale (-3,18%) et Crédit Agricole (-2,70%) ont ainsi terminé la semaine dans le rouge. Le secteur a néanmoins freiné ses pertes avec la publication des résultats de Deutsche Bank (+6,11%). La première banque allemande a certes annoncé une perte de 5,7 milliards d’euros sur l’exercice 2019, liée à son actuel plan de restructuration, mais a néanmoins été plébiscitée grâce à la très bonne tenue de DWS (+10,48%), sa filiale de gestion d’actifs cotée en bourse, qui a collecté 25 milliards d’euros d’actifs sous gestion en 2019 après avoir subi une décollecte de 23 milliards en 2018.

Thales (+0,45%), Air Liquide (+0,31%) et Carrefour (+0,03%), au profil plus défensif, sont les seules valeurs du CAC 40 à avoir terminé la semaine dans le vert.

Source : Fargo, rédigé le 03/02/2020