Les marchés ont terminé en baisse la semaine dernière, toujours pénalisés par le coronavirus. Les investisseurs ont préféré les valeurs défensives aux valeurs industrielles plus exposées.

Une centaine de nouveaux patients atteints par le coronavirus en Corée du Sud : telle est la nouvelle qui crispé les investisseurs vendredi, laissant craindre une accélération de la propagation du virus hors de Chine. Les autorités chinoises ont continué de s’activer pour enrayer au maximum le risque de ralentissement économique : la banque centrale chinoise a de nouveau abaissé son taux de référence et son taux préférentiel et de nouvelles exemptions de droits de douane sur les produits américains ont été annoncées, avec prise d’effet au 28 février.

Du côté des indicateurs, les investisseurs ont attribué au coronavirus le fait que le PMI manufacturier japonais du mois de février ressorte à 47,6 points, son plus bas niveau depuis 7 ans. En Europe, l’économie allemande a continué d’envoyer des signaux contradictoires : mardi, l’indice ZEW du sentiment économique est retombé brutalement après être ressorti en janvier à son meilleur niveau depuis 2015, mais vendredi, l’indice PMI manufacturier allemand est ressorti à 47,8 points, son meilleur niveau depuis février 2019.

Dans un climat marqué par l’aversion au risque, l’or a accéléré sa hausse en dépassant les 1.650 dollars l’once, au plus haut depuis janvier 2013. De même, les investisseurs ont continué de se tourner vers les obligations souveraines les plus sûres en faisant ainsi baisser leur taux. L’OAT française à 10 ans est revenue à -0,21% et le Bund à 10 ans allemand est brièvement revenu à -0,46%, au plus bas depuis 4 mois.

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 a perdu 0,65% à 6.029 points et l’Eurostoxx 50 s’est contracté de 1,06% à 3.800 points. Aux Etats-Unis, le Dow Jones a quant à lui perdu 1,38% à 28.992 points.

Les valeurs cycliques perdent de nouveau du terrain face aux défensives

Bouygues (+5,93%) a terminé à la première place du CAC 40, porté par des résultats salués par les investisseurs. Le groupe a réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 37,9 milliards d’euros, en hausse de 5% à périmètre et taux de change constants. De quoi faire oublier le repli de 9,5% du résultat net sur le même exercice, à 1,2 milliards d’euros.

Schneider Electric (+4,79%) a connu une année 2019 record en termes de revenus et de bénéfices. À 27,2 milliards d’euros, le chiffre d’affaires du groupe a connu une croissance organique de 4,2% l’an dernier. Le résultat net est quant à lui ressorti à 2,4 milliards d’euros, en hausse de 3,4%. En bourse, le titre dépasse régulièrement de nouveaux plus hauts depuis 6 mois.

À l’inverse, Atos (-7,03%) a terminé parmi les plus fortes baisses de l’indice. Le marché a accueilli froidement les résultats du groupe qui a enregistré l’an dernier un chiffre d’affaires de 11,5 milliards d’euros, en croissance organique de 1,4%. Le bénéfice par action s’est quant à lui élevé à 7,74 euros en 2019 contre 8,56 euros en 2018. Bien que ces chiffres soient globalement conformes aux attentes, certaines notes d’analystes se sont montrées relativement peu enthousiastes.

Renault (-8,17%) a poursuivi son repli. Le constructeur automobile continue de subir une actualité des plus négatives avec le début du bras de fer engagé aux Prud’hommes par Carlos Ghosn à l’encontre de la marque au losange, mais surtout une dégradation de la dette du groupe par les agences de notation, susceptibles de faire entrer Renault dans la catégorie des emprunteurs « high yield » (spéculatifs).

Plus généralement, la semaine a été marquée par un repli des valeurs cycliques à l’instar d’ArcelorMittal (-6,37%), TechnipFMC (-2,98%) ou encore STMicroelectronics (-2,25%), au profit des valeurs défensives telles qu’Engie (+2,79%), Veolia (+2,21%) ou EssilorLuxottica (+1,94%).

À noter, hors CAC 40, que Vallourec (-8,80%) a fait part d’une hausse de 6,4% de son chiffre d’affaires en 2019, malgré un repli de 10% de ses revenus au T4 2019 face au T4 2018. Le groupe a surtout fait part d’une nouvelle perte annuelle de 334 millions d’euros, qui reste inférieure à celle de l’année 2018 (502 millions d’euros). Pour faire face à ses difficultés financières, Vallourec a annoncé une augmentation de capital de 800 millions d’euros, entraînant un éphémère plongeon du titre de 23% avant de connaître une remontée progressive.

 

Source : Fargo, rédigé le 24/02/2020