Après un cru 2019 exceptionnel, les investisseurs démarrent l’année 2020 dans un contexte d’aversion au risque face à un regain de tensions géopolitiques avec l’Iran.

En 2019, le CAC 40 a progressé de 26,37%, son plus fort gain annuel depuis 1999. L’année s’est terminée sur une note d’apaisement sur les plans tant politiques que commerciaux. De quoi donner du baume au cœur des investisseurs, notamment pour la première séance de l’année 2020 qui a été marquée par une nouvelle hausse des principaux indices boursiers.

Cette confiance a néanmoins été contrebalancée dès vendredi par un regain de tensions géopolitiques avec l’Iran, liées à l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani lors d’une opération ciblée des forces armées américaines sur le sol irakien. Les menaces de représailles iraniennes et l’envoi de 3.000 soldats américains supplémentaires au Moyen-Orient ont fait craindre une nouvelle escalade de tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Iran, qui s’est confirmée dans le courant du week-end.

La situation a provoqué dès vendredi une contraction des valeurs cycliques et une hausse des cours du pétrole. Proche des 70 dollars, le baril le Brent s’échange à son plus haut niveau depuis la crise de septembre 2019 suite au bombardement des installations pétrolières saoudiennes. Les investisseurs se sont repliés vers les valeurs refuges, provoquant une contraction des rendements obligataires. Le taux d’emprunt à 10 ans américain a ainsi perdu 15 points de base en fin de semaine, passant de 1,94% jeudi à 1,79% vendredi soir. En France, les taux du marché obligataire ont peu évolué, l’OAT à 10 ans restant proche de 0%.

Sur l’ensemble de la semaine, écourtée à 3 jours et demi de cotation, le CAC 40 a enregistré une hausse de 0,11% à 6.044 points, en se distinguant face au Dax 30 allemand qui s’est quant à lui replié de 0,88%. L’Eurostoxx 50 a pour sa part reculé de 0,24% à 3.773 points et le Dow Jones a perdu 0,04% à 28.634 points.

L’automobile reste sous pression

Au sein du CAC 40, la plus forte hausse de la semaine a été enregistrée par Total (+2,21%), qui a directement bénéficié de la hausse des cours du brut. TechnipFMC (+1,70%) s’affiche également parmi les plus fortes hausses hebdomadaires de l’indice parisien. Rappelons que le groupe parapétrolier devrait réaliser sa scission au mois de février et que la branche française, qui devrait prendre le nom de Technip Energies, n’est pas certaine d’être maintenue au sein du CAC 40.

Malgré leur contraction de vendredi, les valeurs de la banque et de l’assurance ont réalisé une semaine positive du 30 décembre au 3 janvier, grâce à l’avancée des pourparlers commerciaux sino-américains. Axa (+1,03%), Société Générale (+0,84%) et Crédit Agricole (+0,65%) ont ainsi terminé dans le vert. En Allemagne, Deutsche Bank a pris 4,98% sur la semaine.

À l’inverse, le secteur de l’automobile et des équipementiers a largement souffert. Renault (-4,14%) a terminé à la dernière place du CAC 40, suivi de peu par Peugeot (-2,29%), Faurecia (-2,26%) et Michelin (-1,73%). La hausse des prix du pétrole a également pénalisé les compagnies aériennes, dont notamment Air France (-7,92% sur la séance de vendredi)

Toujours du côté des valeurs cycliques, ArcelorMittal (-2,81%) a fait partie des plus fortes baisses hebdomadaires de l’indice parisien.

Les valeurs défensives, recherchées vendredi suite à la recrudescence des craintes géopolitiques, ne se sont toutefois pas distinguées sur l’ensemble de la semaine. Si Vivendi (+1,50%), Veolia (+0,75%) ou encore Orange (+0,45%) ont connu une semaine de hausse, EssilorLuxottica (-2,08%), Sodexo (-1,13%), Pernod Ricard (-0,49%) et Air Liquide (-0,43%) ont en revanche terminé en baisse.

 

Source : Fargo, rédigé le 06/01/2020