Après un pic de tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, les appels à la désescalade ont porté leurs fruits. Le soulagement des investisseurs n’a toutefois pas permis de dégager une tendance nette sur les marchés.

Ce n’est ni la première, ni la dernière fois, que Donald Trump monte au créneau en tapant du poing sur la table, puis décide de faire machine arrière. Tel aura été le cas en ce début d’année sur le dossier iranien. Après une escalade de menaces mutuelles et de manifestations anti-américaines en Iran, les deux camps ont finalement baissé d’un ton. Le crash d’un avion civil ukrainien sur le territoire iranien aurait pu jeter de l’huile sur le feu, mais l’armée américaine a choisi de ne pas exploiter ce grave incident et l’Iran a finalement reconnu son erreur. Ce retour à la normale a permis une décrue des prix du pétrole. Le baril de Brent est revenu à 65 dollars après avoir atteint 71 dollars mercredi.

L’évolution positive du dossier iranien a également permis aux investisseurs de se reconcentrer sur les discussions commerciales sino-américaines. Les autorités chinoises ont indiqué que le vice-premier ministre chinois Liu He se rendra à Washington entre le 13 et le 15 janvier pour signer l’accord dit de « phase 1 » convenu entre les deux pays en fin d’année dernière. Donald Trump devrait par la suite se rendre en Chine pour démarrer les négociations de la « phase 2 ».

Du côté des indicateurs, les chiffres du chômage américain, publiés vendredi, n’ont pas permis de dégager une tendance nette sur les marchés. L’économie américaine a créé 145.000 postes au mois de décembre 2019 dans le secteur non agricole, un chiffre inférieur aux attentes, mais qui fait suite à un mois de novembre exceptionnel.

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 est resté proche de l’équilibre en perdant 0,12% à 6.037 points. A l’inverse, l’Eurostoxx 50 a gagné 0,43% à 3.789 points et le Dow Jones a gagné 0,66% à 28.823 points, inscrivant de nouveaux records dans le courant de la semaine.

Forte volatilité parmi les valeurs

Première entreprise de l’année à ouvrir le bal des résultats annuels, Sodexo (-4,42%) a été sanctionnée par les investisseurs malgré des chiffres solides. Le groupe a connu une croissance organique de 3,8% sur le premier trimestre de son exercice 2019/2020 (clos fin novembre), notamment tirée par le bond de 6,6% de sa branche de Services sur site en Entreprises & Administrations qui a, selon l’entreprise, bénéficié de l’impact positif de la coupe du monde de rugby. L’argument a été pris en sens inverse par les investisseurs, qui ont considéré que les bons chiffres du trimestre étaient liés à des raisons conjoncturelles et qu’en-dehors de ce coup de pouce, la croissance du groupe aurait eu tendance à se tasser.

La plus forte baisse du CAC 40 sur l’ensemble de la semaine reste toutefois Unibail Rodamco (-7,31%). Le secteur des foncières dans son ensemble a connu un repli significatif dans le courant de la semaine, qui a également affecté Klépierre (-5,11%). Les investisseurs restent méfiants vis-à-vis de la pérennité à long terme des sociétés détentrices des murs de grands centres commerciaux, qui subissent de plein fouet la concurrence du commerce en ligne.

Dans le secteur automobile, la pression s’est maintenue sur Peugeot (-2,11%) et sur Fiat (-1,90%). Le bref enthousiasme boursier autour des deux valeurs, qui doivent fusionner de manière effective dans un an, s’est mué depuis plusieurs semaines en un mouvement de repli marqué. Depuis son pic du 30 octobre, le titre Peugeot a perdu 23% de sa valeur.

À l’inverse, les valeurs technologiques et d’ingénierie ont dominé la cote avec les beaux parcours d’Atos (+5,43%), Dassault Systèmes (+3,81%) et EssilorLuxottica (+3,49%) qui ont terminé sur le podium de la semaine. La forte hausse hebdomadaire des valeurs technologiques provient des Etats-Unis où le Nasdaq a continué de caracoler vers de nouveaux sommets en dépassant brièvement les 9.200 points en fin de semaine.

 

Source : Fargo, rédigé le 13/01/2020