Les investisseurs ont apprécié plusieurs annonces survenues en fin de semaine dernière, qui leur offrent une meilleure visibilité pour les prochains mois.

C’est fait : après de nombreux mois d’incertitudes, un accord commercial partiel a finalement été trouvé entre les Etats-Unis et la Chine. Côté américain, cet accord prévoit une réduction de 50% des droits de douane déjà en vigueur sur 120 milliards de dollars de produits chinois ainsi que le report des taxes qui devaient s’appliquer le 15 décembre sur 160 milliards de dollars de produits supplémentaires. Côté chinois, l’accord prévoit une augmentation des importations de produits agricoles américains, ainsi que divers accords relatifs à la propriété intellectuelle et aux services financiers. L’annonce, survenue dans la soirée de jeudi, a permis aux investisseurs d’être soulagés après un long suspense.

La victoire sans appel de Boris Johnson aux élections législatives britanniques, dont les résultats ont été connus vendredi matin, a provoqué un second soulagement. Cette victoire devrait permettre un « Brexit ordonné » le 31 janvier prochain en appliquant l’accord trouvé entre l’UE et le Royaume-Uni en octobre dernier, mettant un terme à trois ans et demi d’incertitudes sur ce dossier. La livre sterling a progressé de 2% face au dollar vendredi à l’annonce des résultats.

Enfin, avant ces deux annonces cruciales, Jerome Powell a fait part de sa satisfaction sur le niveau actuel des taux directeurs de la Fed. À ce stade, l’institution semble se diriger vers un statu quo prolongé sur ses taux directeurs : les trois baisses de taux opérées en 2019 devraient donc rester sans suite l’an prochain. De son côté, Christine Lagarde a réalisé sa première conférence de presse en tant que présidente de la BCE. Aucune annonce n’a été faite à cette occasion mais la nouvelle patronne de la zone euro a imprimé sa personnalité : « J’aurai mon propre style. Ne surinterprétez pas, ne jouez pas aux devinettes, ne faites pas de comparaisons. Je serai moi-même et donc probablement différente ».

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 a gagné 0,80% à 5.919 points et l’Eurostoxx 50 a progressé de 1,05% à 3.731 points. Outre-Atlantique, le Dow Jones a gagné 0,81% à 28.135 points.

Les valeurs cycliques s’envolent

Face à ces nouvelles qui permettent chacune d’offrir davantage de visibilité sur les perspectives économiques des prochains mois, les valeurs cycliques ont été plébiscitées, en particulier celles des semi-conducteurs, de l’industrie, de l’automobile et des banques.

STMicroelectronics (+7,04%) a terminé en tête des valeurs du CAC 40, le secteur des semi-conducteurs étant très dépendant des taxes appliquées sur les produits fabriqués en Chine. Dans la même logique, ArcelorMittal (+1,09%) a retrouvé des couleurs alors que l’acier constitue l’un des principaux chevaux de bataille de Donald Trump sur les questions commerciales.

Les banques ont également largement bénéficié du mouvement, à l’instar de Crédit Agricole (+3,82%), Société Générale (+3,20%) et BNP Paribas (+2,18%).

Les prix du pétrole ont bénéficié de la situation et sont remontés à 65 dollars/baril pour le Brent, au plus haut depuis le bombardement des installations saoudiennes au moins de septembre. Cette évolution a entraîné dans son sillon les valeurs pétrolières et parapétrolières, en particulier TechnipFMC (+5,69%) et surtout Vallourec (+11,93%) hors CAC 40.

À l’inverse, les valeurs défensives ont été délaissées par les investisseurs, à l’instar de Pernod Ricard (-1,35%), Danone (1,64%) ou Orange (-2,28%). Pernod Ricard et Danone faisaient office de valeurs refuges depuis 18 mois dans le cadre de la guerre commerciale sino-américaine.

 

Source : Fargo, rédigé le 16/12/2019