Les marchés actions ont connu leur pire semaine depuis 2008 avec un CAC 40 chutant de 11,94%.

En une semaine, les marchés sont entrés de plain-pied dans une situation de mini-krach boursier. Si l’épidémie de Covid-19 suscite des craintes sans doute irrationnelles, la forte aversion au risque des investisseurs est justifiée par la perspective d’un ralentissement marquée de l’économie mondiale, voire d’une récession, si la baisse des échanges commerciaux venait à s’amplifier et à s’installer dans la durée.

Dans les pays développés, les indices boursiers ont connu des corrections drastiques au cours de la semaine écoulée. En Europe comme aux États-Unis, les principaux indices ont chuté de 10 à 13%. En France, le CAC 40 a perdu plus de 700 points (11,94%) en revenant ainsi à 5.309 points. Aux États-Unis, le Dow Jones a abandonné de son côté de plus de 3.500 points en chutant de 12,36%. Le S&P 500 a perdu 11,49% et le Nasdaq a un peu mieux résisté en ne cédant « que » 10,54%. Au niveau européen, l’Eurostoxx 50 a chuté de 12,39%, avec des corrections parfois très sévères dans certains pays, comme en Grèce, où l’indice général de la bourse d’Athènes a perdu 19,36%. L’Italie, devenu le foyer européen du Covid-19, n’a pas connu une chute plus exagérée qu’ailleurs avec un repli de 11,26% de l’indice FTSE MIB.

De manière très contre-intuitive, les marchés chinois et certains marchés émergents ont au contraire été plus faiblement impactés par ce mouvement de panique. L’indice Shanghai Composite n’a perdu que 5,24% et l’indice indien BSE Sensex 30 s’est replié de 6,98%. Ironie du sort : depuis le début d’année, coïncidant avec l’apparition du coronavirus, les marchés chinois affichent une baisse deux fois moins marquée que celle des marchés occidentaux. Le Shanghai Composite a perdu 5,57% en deux mois contre 10,96% pour le Dow Jones et 11,18% pour le CAC 40.

D’importants mouvements ont aussi été observés la semaine dernière sur les marchés de taux, où les investisseurs se sont rabattus sur les valeurs-refuges traditionnelles, en premier lieu les obligations d’État américaines. Les Treasuries à 10 ans ont ainsi vu leur rendement tomber à leur plus bas niveau historique (1,12%), les investisseurs s’étant également persuadés que la Fed devrait abaisser ses taux directeurs pour soutenir l’économie. Selon le baromètre CME Fedwatch, 94,9% des investisseurs s’attendraient ainsi à une baisse de 0,50% (2 x 0,25%) des taux directeurs de la banque centrale américaine le 18 mars prochain. En Europe, les taux d’emprunt allemands et français ont accéléré leur plongée en territoire négatif : -0,60% pour le Bund à 10 ans allemand et -0,29% pour l’OAT française de même échéance. Les taux italiens et grecs sont au contraire remontés à cause de l’aversion au risque.

Aucun secteur n’échappe au raz-de-marée

Sur le plan sectoriel, l’anticipation d’une nette baisse des taux de la Fed, couplée à des rendements déjà extrêmement bas, a lourdement pénalisé le secteur bancaire. Au sein du CAC 40, BNP Paribas (-17,74%), Crédit Agricole (-17,73%) et Société Générale (-17,64%) ont terminé aux trois dernières places de l’indice sur l’ensemble de la semaine.

Le secteur aérien a subi de plein fouet les craintes d’annulations massives de vols à l’international. Airbus a ainsi chuté de 17,38% et son concurrent Boeing a perdu 16,73%. L’impact est encore plus fort pour les transporteurs : hors CAC 40, Air France-KLM a perdu 23,90% et Lufthansa 21,09%. L’hôtellerie est également affectée : Accor a perdu 15,14%.

La liste des grands brûlés s’étend ensuite à l’ensemble des valeurs issues des secteurs dits cycliques, en premier lieu l’automobile, la sidérurgie et le pétrole. On citera ainsi pêle-mêle les chutes de Renault (-16,35%), TechnipFMC (-14,66%), ArcelorMittal (-14,40%) ou encore Total (-13,36%). Les valeurs pétrolières ont notamment été affectées par la chute des cours du pétrole, revenus à 50 dollars/baril pour le Brent et 45 dollars/baril pour le WTI.

Les valeurs défensives ne sont pas parvenues à résister au mouvement, à l’exception de Carrefour (-3,04%), qui termine à la première place du CAC 40 malgré une contraction déjà importante. D’autres grands noms des valeurs défensives ne sont pas parvenus à jouer leur rôle d’amortisseur comme Air Liquide (-11,74%), EssilorLuxottica (-13,34%) ou encore Sodexo (-14,03%).

Ironie du sort : Foxconn, fournisseur d’Apple directement touché par la quasi-fermeture de ses usines en Chine, n’a perdu que 1,65% sur l’ensemble de la semaine.

 

Source : Fargo, rédigé le 02/03/2020