L’apparition de nouveaux « clusters » de Covid-19 en Europe a pesé sur les marchés actions, tout comme les lourdes pertes subies au deuxième trimestre par plusieurs grands groupes.

L’épidémie de Covid-19 continue de jouer avec les nerfs des investisseurs. Plusieurs pays d’Europe connaissent la résurgence de nouveaux clusters et appliquent des mesures locales de couvre-feu, laissant craindre une poursuite du ralentissement économique au second semestre et un éventuel coup de frein sur la saison estivale.

Aux Etats-Unis, les blocages politiques entre démocrates et républicains sur la mise en place d’un nouveau plan d’aide économique a également pesé sur la tendance. Les allocations chômage versées aux Américains ayant perdu leur emploi depuis le début de la crise sont désormais suspendues.

Du côté des indicateurs, la semaine a été marquée par les chiffres de la récession du deuxième trimestre. Sur cette période, le PIB américain s’est contracté de 32,9% en rythme annuel, un chiffre spectaculaire mais conforme aux prévisions. Les mauvais chiffres européens sont allés dans le même sens, confirmant une récession mondiale historique.

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 s’est replié de 3,49% à 4.783 points et l’Eurostoxx 50 a perdu 4,08% à 3.175 points. Aux Etats-Unis, le Dow Jones est resté proche de l’équilibre avec une baisse de 0,16% à 26.428 points et le Nasdaq, contre la tendance, a progressé de 3,69% à 10.745 points.

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 a gagné 1,99% à 5.069 points et l’Eurostoxx 50 a progressé de 2,10% à 3.383 points. Aux États-Unis, le Dow Jones a progressé de 2,29% à 26.671 points mais le Nasdaq s’est replié de 1,08% à 10.503 points.

Bonnes et mauvaises surprises dans les résultats trimestriels

La semaine a été animée par la saison des résultats du T2, marquée par des publications extrêmement contrastés. Certaines entreprises ont subi des pertes record, tandis que d’autres ont continué à réaliser de solides profits en résistant à la crise sanitaire.

Renault (-20,56%) a terminé à la dernière place du CAC 40. La marque au losange a subi la plus lourde perte semestrielle de son histoire (7,3 milliards d’euros) liée au confinement et aux difficultés de Nissan. Les investisseurs ont mal digéré le fait que le groupe « estime ne pas être en mesure de fournir une prévision de résultat fiable pour l’exercice 2020 ». A l’inverse, Peugeot (-8,06%) a dégagé un bénéfice de 595 millions d’euros sur le premier semestre et a confirmé son objectif de marge à moyen terme, mais les investisseurs ont sanctionné toutes les valeurs du secteur automobile.

Total (-4,13%) a subi une perte de 8,4 milliards d’euros sur le trimestre (première perte depuis 2015). Les résultats du groupe ont été plombés par de lourdes dépréciations d’actifs liées au maintien des prix du pétrole à un niveau bas. LVMH (-8,11%) a également déçu en annonçant un recul de son chiffre d’affaires de 38% au T2 en données organiques, et un recul de 68% de son résultat opérationnel. « Nous restons très vigilants pour le reste de l’année » a commenté Bernard Arnault.

A l’inverse, Teleperformance (+4,08%) s’est distingué avec des résultats solides, marqués par une croissance organique de +5% au premier semestre. Safran (+1,02%) a également été soutenu par des résultats bien accueillis, le groupe ayant limité sa perte trimestrielle à 340 millions d’euros.

Côté bancaire, la semaine a été marquée par l’annonce d’une perte trimestrielle record de 11,1 milliards d’euros pour Santander (-13,97%). La banque espagnole a rétrogradé à la deuxième place des banques européennes derrière BNP Paribas (-8,13%), qui est restée sous pression malgré des résultats solides et un bénéfice de 2,3 milliards d’euros sur le trimestre. Crédit Agricole (-8,73%) et Société Générale (-11,64%) ont été entraînés par la chute du secteur, mais publieront leurs résultats ce lundi.

Loin de la tendance baissière, les GAFAM ont poursuivi leur imperturbable hausse, en particulier Apple (+14,73%), Facebook (+9,95%), Amazon (+5,18%) et Microsoft (+1,84%). Apple a été soutenue par une hausse de chiffre d’affaires de 11% au T2, devenant la première capitalisation mondiale (1.820 milliards de dollars) devant le géant pétrolier saoudien Aramco (1.760 milliards de dollars).La « tech » américaine continue à faire office de refuge pour les investisseurs, qui parient massivement sur le fait que les acteurs du « digital » seront les grands gagnants de la crise actuelle. Ce pari n’est pourtant pas gagné d’avance : contre la tendance, Alphabet (-1,34%), maison-mère de Google, a subi son premier recul de chiffre d’affaires trimestriel depuis 16 ans.

Fargo, rédigé le 04/08/2020