Les bons chiffres de l’emploi aux Etats-Unis ont permis aux investisseurs de rester optimistes face à la seconde vague de Covid-19 qui déferle outre-Atlantique.

Il y a trois mois, un tel chiffre aurait suffi à faire plonger Wall Street. La diffusion de la pandémie de Covid-19 continue d’accélérer aux Etats-Unis, avec désormais plus de 50.000 nouveaux cas quotidiens. La mortalité reste néanmoins stable, avec environ 600 victimes par jour. La crainte de nouvelles mesures de confinement reste vive dans plusieurs Etats du pays.

Pour autant, les investisseurs ont relativisé ces mauvaises nouvelles grâce aux chiffres de l’emploi américain, qui se sont révélés meilleurs qu’attendu jeudi. L’économie américaine a créé 4,8 millions de postes au mois de juin dans le secteur non agricole, ce chiffre tenant compte des suppressions de postes opérées sur la même période.  Le consensus des analystes tablait sur seulement 3 millions de postes créés. Le taux de chômage est ainsi redescendu de 13,3% fin mai à 11,1% fin juin.

La Fed a par ailleurs rassuré les investisseurs mercredi en réaffirmant dans le compte-rendu de sa dernière réunion qu’elle serait prête à soutenir l’économie américaine pendant plusieurs années si nécessaire pour combattre les effets de la crise du Covid-19. Les investisseurs ont apprécié cette annonce malgré son sous-entendu, à savoir que les Etats-Unis pourraient continuer à subir un choc récessif prolongé au cours des prochaines années. La présidente de la Réserve fédérale de San Francisco a déclaré que le retour de l’emploi américain à son niveau d’avant-crise ne devrait pas avoir lieu avant 4 ou 5 ans, sans pour autant que cela n’inquiète les investisseurs.

À noter enfin que les marchés ont été soutenus par de nouvelles annonces au sujet de la recherche d’un vaccin contre le Covid-19. Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont annoncé des résultats préliminaires encourageants pour leur candidat vaccin lors des premiers essais sur des volontaires.

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 a gagné 1,99% à 5.007 points et l’Eurostoxx 50 a progressé de 2,82% à 3.294 points. Aux Etats-Unis, où les marchés sont restés fermés vendredi à la veille de la fête nationale, le Dow Jones a gagné 3,25% à 25.827 points et le Nasdaq a progressé de 4,62% à 10.207 points.

Le secteur aérien annonce des milliers de suppressions de postes

Du côté des valeurs, la semaine a été marquée par les annonces de suppressions de postes drastiques dans le secteur aérien pour procéder à d’importantes économies. Airbus (+6,06%) souhaite supprimer 15.000 postes dans le monde (11% des effectifs actuels), dont environ 5.000 en France. Air France-KLM (+5,14%) a pour sa part annoncé la suppression de 7.580 postes d’ici 2022.

Bouygues (+10,79%) a terminé en tête de l’indice parisien. Le groupe a annoncé le rachat d’EI Telecom, filiale du Crédit Mutuel exploitant les marques NRJ Mobile, Cdiscount Mobile, Auchan Mobile, CIC Mobile ou encore Crédit Mutuel Mobile, totalisant environ 2 millions de clients. Bouygues Telecom devrait ainsi égaler Free en passant de 11,7 à 13,7 millions d’abonnés.

Plus largement, la confiance des investisseurs a bénéficié la semaine dernière aux valeurs cycliques, à l’instar d’ArcelorMittal (+7,98%) dans le secteur sidérurgique ou Renault (+6,37%) dans le secteur automobile. Les valeurs bancaires ont également été recherchées avec Crédit Agricole (+7,89%), Société Générale (+5,31%) et BNP Paribas (+5,21%). A l’inverse, les valeurs défensives et les valeurs de croissance sont restées dans le bas du tableau. Carrefour (-2,76%), Danone (-2,55%) et Capgemini (-2,42%) ont connu des replis notables.

Aux Etats-Unis, Tesla (+25,94%) a vu son cours de bourse s’envoler sur fond de ventes résilientes au deuxième trimestre. 90.650 véhicules ont été livrés au T2, soit 4,8% de moins qu’au T2 2019, un chiffre meilleur qu’attendu. L’envolée du cours du Tesla a permis au groupe de devenir le premier constructeur automobile mondial par capitalisation boursière (plus de 200 milliards de dollars).

On notera enfin le rebond spectaculaire en Allemagne de Wirecard (+151,91%), qui a annoncé que le groupe chercherait à poursuivre ses activités malgré son actuelle procédure d’insolvabilité.

Fargo, rédigé le 06/07/2020